LES 1997 CRITIQUES DE Marc
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Bohemian Rhapsody (Publié le 20/10/2019)

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Sa critique : Dans la série des biographies filmées de célébrités du monde de la musique, on avait eu droit à celle de Johnny Cash ou, plus récemment, de Mötley crüe, qui présentaient des parcours et des personnalités larger than life,.Todd Haynes avait joué la carte de l’expérimentation absolue pour tenter de percer le mystère de Bob Dylan l’insaisissable tandis que, sorti dans une discrétion presque totale, le récent film sur Morrissey, forçait la figure pourtant flamboyante de l’artiste à s’effacer derrière un archétype de songwriter juvénile cérébral et torturé. Queen dispose d’un immense avantage sur ceux qui ont essuyé les plâtres avant lui, et c’est sa popularité jamais démentie depuis les presques trente ans qui se sont écoulés depuis la mort de Freddie Mercury. L’écho positif que rencontre le groupe auprès de l’écrasante majorité du public possède toutefois son revers : il ne reste que peu à faire découvrir, puisque tout le monde s’est déjà fait une idée personnelle, plus ou moins juste et crédible, du groupe et de son regretté frontman : On “porte” la vie de Violette Leduc à l’écran (vous savez qui c’est ? Moi, je l’ai su, au moins pendant deux semaines après avoir vu le film) ; au maximum, on ne peut qu’illustrer celle de Queen. Deuxièmement, le fait que des artistes soient célèbres et aimés de tous n’implique pas automatiquement qu’ils aient eu une carrière ou une vie qui sortait de l’ordinaire: en dehors de la mort de Mercury (qui, bien qu’ayant bouleversé la planète pop, n’est mentionnée qu’en conclusion puisque le film s’arrête au Live Aid, en 1985), la carrière de Queen - je parle bien du déroulé de sa carrière et pas de ce que pouvait dégager subjectivement le groupe - n’a rien eu de très excitant, et les quelques éléments qui ressortent du scénario (relation de l’artiste naissant avec une famille qui ne le comprend pas, montée en puissance du groupe, désaccords entre musiciens, tension avec la maison de disque, etc…) pourraient être appliqués à n’importe quelle groupe rock : il devient difficile de raconter une histoire passionnante avec ces éléments. Tentant de contourner l’obstacle, ‘Bohemian rhapsody’ tente alors de mettre en lumière des éléments plus méconnus de la biographie de Mercury : sa relation avec Mary Austin, compagne de jeunesse dont il se séparera lorsqu’il prendra conscience de son homosexualité mais qui restera une amie proche sa vie durant, celle avec Paul Prenter, son homme à-tout-faire, présenté comme un arriviste manipulateur...mais cela ne rend pas les choses beaucoup plus intéressantes. Heureusement pour le film et pour ses investisseurs, ces contraintes n’ont pas empêché grand monde de voir en ‘Bohemian rhapsody’ un véritable chef d’oeuvre, “chef d’oeuvre” étant ici, je crois, le déguisement pratique pour évoquer un fort sentiment de nostalgie pour des années à jamais enfouies dans le passé. A ce compte là, je crois qu’une production Dreamworks consacré aux Popples me ferait à peu près le même effet ! C’est que personnellement, j’ai une relation compliquée avec Queen : il ne me viendrait jamais à l’idée de nier leur importance et il y a un certain nombre de morceaux chez eux que je trouve tout simplement fabuleux...mais je ne parviens jamais à les mettre tout à fait sur le même plan que Led Zeppelin ou les Stones, et les range plutôt mentalement entre les Beatles et Abba. En fait, la musique de Queen irrite les facettes les plus puristes de ma personnalité tout en flattant les plus complaisantes. Evidemment, ‘Bohemian rhapsody’ tient quand même certaines de ses promesses, que ce soit au niveau du casting ou de sa facture musicale. Par exemple, le mimétisme entre Gwylim Lee et Brian May est assez bluffant. De même, Rami Malek, malgré des prothèses dentaires carrément gênantes, se donne à fond, et offre une composition de Mercury, si pas fidèle, en tout cas très habitée. Même remarque pour les scènes de concert revisitées par la fiction, d’autant plus impressionnantes que Mercury était une des plus redoutables machine de guerres scéniques des années 70 et 80. Toutefois, si les reproches adressés au film concernant certaines incohérences chronologiques ne me gênent pas - l’éternel dilemme de trahir l’Histoire pour sauver l’histoire! - je suis plus réservé sur le fait qu’on ait voulu que ‘Bohemian rhapsody’ puisse parler à tous, n’aborder aucun sujet sensible et surtout éviter que toute personne découvre fortuitement par ce biais que Mercury mettait de la poudre blanche dans son nez et son zizi dans d’autres hommes. Ainsi, Les fêtes de Mercury étaient beaucoup plus orgiaques et décadentes que le gentil bal costumé qu’on aperçoit fugitivement à l’écran. Alcoolisé et décalqué à la cocaïne comme il l’était, les débordements étaient plus forts, plus excentriques. Mais ‘Bohemian rhapsody’ ne veut rien savoir de toute ces vilaines rumeurs et on a l’impression que d’une carrière déjà fort classique dans son déroulement, on a fait quelque chose d’encore plus sage et ennuyeux, au point qu’on pourrait sans doute recycler la maquette si d’aventure, les frères Dardenne souhaitaient tourner un biopic des Girls in Hawaii. Au final, il y a un film potable, bien joué par des acteurs qui y croient et qui peut tenir lieu de best-of Live de Queen, mais qui sort tellement peu du rang et fait preuve de tellement d’auto-censure qu’il est difficile de ne pas se sentir floué sur la marchandise. On sait désormais que les excès et la démesure des années 80, digérée par notre époque chiantissime, ça donne ‘Bohemian rhapsody’. On pourrait même en faire une sorte de mètre-étalon...

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Le Retour de Mary Poppins (Publié le 20/10/2019)

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Sa critique : Parmi tous les remakes, reboots, relectures, révisions et ré-interprétations diverses qui comptent pour une bonne moitié du cinéma à grand spectacle de ces dernières années , Mary Poppins reste un cas à part. Quand j’y réfléchis, Contrairement à 95% des spectateurs, la version 1964 de Mary Poppins, je ne l’ai probablement pas vue (ou alors il y a longtemps. Ou bien j’ai oublié. Ou elle sentait pas bon) : pas de madeleine de Proust enfantine, pas de souvenirs de dimanches d’hiver passés bien au chaud devant la télévision pas de VHS usée à force d’avoir été regardée en boucle. Cette lacune m’évite au moins deux tracas : premièrement, succomber à la nostalgie exactement de la façon dont les studios Disney espèrent que j’y succomberai, et refuser de considérer les faiblesses de la nouvelle version. Deuxièmement, prendre la tangente inverse, pester contre le saccage de mes souvenirs d’enfance pour de basses raisons financières, hurler contre ceux qui n’ont pas tourné exactement le film que j’avais en tête depuis longtemps sans jamais en avoir parlé à personne et refuser de considérer les qualités de la nouvelle version.. De toute façon, Mary Poppins fait partie de ces oeuvres dont les scènes saillantes sont à ce point entrées dans l’inconscient collectif, à l’instar de celles de ‘Star Wars’ ou de ‘Jurassic park’, qu’on ne peut que les connaître sans même les avoir vues. Du coup, je regarde ce ‘Retour de Mary Poppins’, comme la suite ou le remake d’un film que je connais tout de même un peu sans pourtant l’avoir jamais vu, demandant des confirmations continuelles à l’exégète poppinsienne avec qui je vis, ce qui me conforte dans l’idée que je regarde à peu près le même film en plus neuf et qu’il s’agit de la même histoire à une génération d’intervalle J’en veux pour preuve de multiples éléments, qui dépassent le stade du simple clin d’oeil, comme le numéro des ramoneurs, remplacé par un numéro d’allumeurs de réverbère, ou le “supercalifragilisticexpialidocious” qui mute en “luminomagifantastique”. A part ça, Emily Blunt, à la fois pincée et maternelle, me semble soutenir la comparaison avec Julie Andrews, sans pour autant chercher à l’imiter. Les chansons ne me sont pas vraiment restées en tête mais s’inscrivent parfaitement, à l’instar de l’ancienne version, dans la veine des comédies musicales de l’âge d’or (parce qu’en ce qui concerne une version de Mary Poppins jouée et chantée par Zendaya ou Taylor Swift, je suis certain que l’idée a au moins traversé le crâne des pontes de chez Disney). De même, les numéros musicaux manquent un peu d’envergure mais rien de grave. Etant donné que Mary Poppins était techniquement à l’avant-garde dans les années 60, notamment par son mélange de scènes filmées et de personnages animés, il fallait également assurer à ce niveau, même s’il est aujourd’hui devenu beaucoup plus difficile, pour ne pas dire impossible, de se démarquer au niveau de la technique. C’est donc la carte de l’originalité qui a été jouée avec des fortunes diverses : la séquence sous la mer, aussi flashy soit-elle, s’avére plutôt amusante ; le passage dans la maison sens dessus dessous est plus anecdotique et Meryl Streep devrait arrêter de prendre du speed dès qu’elle décroche un rôle dans une comédie musicale. Je confesse toutefois une petite faiblesse coupable pour le passage qui se déroule dans la coupe incurvée, qui recycle la bonne vieille tradition de la symbiose Animation/Prise de vue réelle. Mais mais mais, par la sainte-tronçonneuse de Ash Williams, serais-je en train de parler de “préférence” à propos d’un truc Mary Poppins ? Ca va, ça va, je me couche. Contrairement à ce que j’imaginais, ‘Le retour de Mary Poppins’ ne m’a pas déplu : c’est une oeuvre légère, fantaisiste, colorée, finement travaillée, dont la bande sonore ne fait preuve d’aucune modernité déplacée et qui renoue de manière presque dérangeante - mais on devait s’y attendre, ça fait partie du trip - avec cette bienveillance dégoulinante de bons sentiments qui caractérisait les productions Disney en prises de vue réelles des temps anciens. Du coup, j’en arrive à me demander si la petite morale qui survient à la toute fin du film s’est retrouvée là de façon purement ingénue ou si il s’agit d’une une manière de contrebalancer discrètement l’excès de glucose du film.. En gros, elle indique par la voix de Dick van Dyke, revenu faire un dernier tour de piste, que l’amour, la famille, les souvenirs, c’est vraiment supercalifirmachin...mais faudrait quand même voir à ne pas oublier de faire des placements : c’est pas cher et ça peut rapporter gros !

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Mamma Mia: Here We Go Again (Publié le 20/10/2019)

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Sa critique : Je ne vais pas dresser le même réquisitoire à chaque fois : je n’aime pas les comédies musicales modernes excepté quand elles sombrent dans une véritable incontinence visuelle de démesure pailletée, quand en regarder une plus de trois minutes vous laisse dans le même état que l’ingestion rapide de trois kilos de barbapapa aux smarties. C’est la raison pour laquelle je peux m’envoyer sans trop de mal des pièces montées aussi indigestes que ‘Moulin rouge’ ou ‘The greatest showman’. C’est aussi la raison pour laquelle ‘Mamma mia’ ou sa suite, ne m’intéressent pas beaucoup, leur concept reposant plutôt sur la construction d’un mélo familial dans lequel certains dialogues seraient remplacés par les textes de chansons d’Abba. Et je n’ai jamais vraiment aimé Abba, même s’il faudrait être d’une solide mauvaise foi pour prétendre que leurs chansons ne sont pas efficaces. Vraiment, je n’ai pas regardé (à moitié) la chose pour assouvir une curiosité dévoyée mais par dévouement et empathie pour celles qui aiment ça. On y trouve quelques chorégraphies simples, une belle énergie de la part des acteurs qui ont tous l’air très contents d’être là mais malheureusement, je ne suis définitivement pas de ceux qui croient que la vie serait plus belle si tout le monde montait sur les tables en reprenant des chansons d’Abba à tue-tête. En outre, comme l’idée est que les chansons s’insèrent harmonieusement dans la narration, il n’y avait de toute évidence aucune place dans le scénario pour qu’apparaissent des éléphants qui font du trapèze en crachant du feu ou des gorilles habillés en arlequin qui jonglent avec des nains, ce qui reste mon fantasme ultime de comédie musicale. Le seul moment qui m’a fait lever un sourcil, c’est quand la momie de Cher vient entonner ‘Fernando’ avec le sergent Garcia...euh Andy Garcia. Le reste du temps, comme la plupart des tubes les plus célèbres du groupe suédois ont déjà été utilisés dans le film précédent, j’avais un peu l’impression de regarder ‘Mamma mia : les faces B’.

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A Star is Born (Publié le 20/10/2019)

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Sa critique : ‘A star is born’ est un authentique classique du cinéma américain, un ‘Evergreen’ comme on pourrait l’appeler, qui revient tous les quarts de siècle avec le même succès, et relève d’une sorte de monologue d’un milieu de l’Entertainment américain qui se raconterait son fonctionnement à lui-même sur le mode du ‘Rise and fall’, en établissant que pour que quelqu’un puisse se hisser vers les sommets, un autre doit déchoir : ce furent d’abord Janet Gaynor et Fredric March en 1937, puis Judy Garland et James Mason vingt ans plus tard, enfin la version avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson en 1976 qui, en toute logique, déplaça le cadre du show-business vers une industrie du disque alors plus florissante, une orientation que privilégie aussi cette nouvelle version du vingt et unième siècle. Attention, si ‘A star is born’ est incontestablement un classique, il n’a jamais été un chef d’oeuvre pour autant : on a affaire à du 100% mélodrame, dans toutes les dimensions que peut recouvrir ce concept : l’amour contrarié par les ambitions professionnelles, le passage de relais d’une génération à la suivante, l’alcool qui détruit les vies comme les carrières - le personnage de l’artiste déclinant est fortement inspiré du parcours de John Barrymore - , auxquels on peut ajouter une réflexion sur la sempiternelle frontière abstraite qui sépare l’art sincère de la compromission commerciale. Quoi qu’il en soit, jamais on ne pourra taxer cette quatrième lecture du scénario, singulièrement sombre, de mièvrerie, pas plus qu’on ne pourrait la catégoriser aux côtés de bouffonneries pop et vulgairement clinquantes comme ‘The greatest showman’ ou ‘Mamma mia’. Les versions successives du film ont également eu pour caractéristique de servir de véhicules à la promotion de leur interprètes (qui, du reste, n’en avaient nul besoin). Si Bradley Cooper démontre ici qu’il est un réalisateur très capable, qui donne un nouveau relief à ce récit qu’on croyait usé jusqu’à la corde et se montre convaincant en superstar americana à la dérive, c’est évidemment Lady Gaga tire la couverture à elle et captive autant qu’elle l’avait fait, dans un registre bien différent, avec la cinquième saison d’American Horror Story : sobre, émouvante, la chanteuse imprime de sa présence chaque scène du film, outre qu’elle en signe évidemment la bande originale résolument brillante...mais on avait compris depuis l’album ‘Joanne’ en 2016 que Steffanie Germanotta ne se limiterait pas à jouer les versions post-modernes de Madonna.

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Le Secret de la Chambre Noire (Publié le 09/10/2019)

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Sa critique : 'Le secret de la chambre noire' obéit à une méthode de fabrication très inhabituelle, qui voit un des auteurs les plus réputés du cinéma japonais tourner un film en France, avec des acteurs français et belges. Pour être tout à fait honnête, qu'il soit célèbre ou non, j'ai toujours eu beaucoup de problèmes à adhérer sans réserve à la filmographie de Kyoshi Kurosawa, constituée d'oeuvres contemplatives et compassées qui s'abandonnent trop souvent à leur propre apathie poétique. Néanmoins, la nature intrinsèquement fantastique de son travail, le constat objectif de qualités de forme et de (certaines) qualités de fond et cette curiosité que pouvait susciter une rencontre forcée entre les codes du surnaturel européen et nippon m'ont une fois de plus dissuadé de reléguer Kurosawa au rayon des cinéastes avec qui ça ne matchera jamais. La base : dans un manoir de province, un photographe tente de reconstituer des clichés disparus du passé en utilisant la méthode du daguerréotype. Il y a cet homme rugueux et solitaire, il y a sa fille, qui étouffe au contact de ce père qui ne la considère que comme un instrument au service de sa passion dévorante. Il y a Jean, jeune homme embauché comme assistant qui tombe vite amoureux de la précédente. Et il y a la mère défunte, dont la présence imprègne toute la demeure et alimente plus ou moins consciemment l'obsession de son époux. On l'a compris, 'Le secret de la chambre noire' est avant tout un jeu sur des principes théoriques, qui travaille le concept même de la photographie qui consiste à fixer dans l'immortalité les choses et les êtres disparus. En outre, le daguerréotype, plus durable que cette dernière, exigeait qu'on "fixe" à son tour le modèle dans une totale immobilité au moyen d'une armature complexe, l'impression de l'image sur plaque argentique demandant énormément de temps. Les poses épuisantes et contre-nature, ainsi que l'usage de produits toxiques rendaientle procédé potentiellement mortifère, ce qui est d'autant plus paradoxal que le photographe tente ici de faire revivre ce qui a été, au risque de détruire ce qui est. Une fois de plus, la richesse métaphorique du scénario ne fait aucun doute mais on peine à se passionner jusqu'au terme de ce drame intimiste d'une durée toute kurosawienne, d'autant plus qu'après avoir minutieusement préparé le terrain qui sied à un film de maison hantée, donné corps à l'atmosphère étouffante de ce manoir décati et signifié par petites touches discrètes l'estompement de la frontière entre réel et surnaturel, Kurosawa finit inexplicablement par privilégier la voie d'un ennuyeux polar immobilier, très "qualité française" d'autrefois. Il y a de réels moments de grâce au cours de l'histoire, fussent-ils morbides, mais une fois de plus, ce n'est pas tout à fait suffisant

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Avant que nous Disparaissions (Publié le 09/10/2019)

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Sa critique : Comme toujours chez Kurosawa, j’adhère sincèrement à l’idée, beaucoup moins à l’exécution. Après plusieurs Techno-thrillers, polars et autres films de fantôme, il était inévitable que le cinéaste japonais ait recours à un contexte science-fictionnel pour poser un nouvelle réflexion existentielle sur la condition humaine. Des entités extraterrestres s’infiltrent au sein de la population japonaise en usurpant l’apparence physique de leurs hôtes : une approche qu’on pourrait croire nourrie à la paranoïa des versions successives de ‘L’invasion des profanateurs de sépulture’ mais tempérée par le fait que la priorité de ces Aliens est de “voler” les concepts humains (comme la liberté, le travail, l’amour,...) qu’ils échouent à appréhender de manière théorique, l’humain-ressource se retrouvant alors dépouillé de ce même concept. Kurosawa s’amuse ainsi à déconstruire les concepts essentiels qui façonnent l’humanité, mettant à nu le fait qu’ils sont simplement des constructions mentales et culturelles. L’idée est tout à fait sympathique mais alors qu’on aurait aimé voir l’impact qu’aurait sur la société un grand nombre d’individus perdant aléatoirement des parcelles de ce qui fait d’eux des êtres humains, Kurosawa, tout à son obsession de l’intime, cible un très petit nombre de sujets, et s’intéresse surtout à la mission des espions galactiques et aux dilemmes de leurs guides, humains bon teint qui, pour des raisons, qui leur sont propres, acceptent de seconder les envahisseurs dans leur entreprise de subversion de l’humanité. Pour une part, ‘Avant que nous disparaissions’ vire au mélo un peu mièvre, puisque l’une des entités a assimilé “l’amour” et semble bien moins pressée de faire aboutir son plan ; pour l’autre, le réalisateur joue la carte du Thriller science-fictionnel puisque un autre groupe d’infiltrés tente de faire parvenir à leur peuple le signal autorisant l’attaque alors qu’ils sont traqués par les services gouvernementaux...mais il n’en a ni les moyens, ni même réellement le souhait. Comme toujours, Kurosawa propose un pensum, travaillé et soigné sur le plan intellectuel, mais qui ne s’inquiète jamais que la partie “genre” de son cinéma soit peu crédible, kitsch ou dépourvue de ressorts dramatiques. Comme à chaque fois serait-on tenté de dire, l’idée possède un authentique potentiel, et s’incarne dans un film très ennuyeux.

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Sa critique : Allez, on prend les mêmes et on recommence, y a pas de raison qu’on ne puisse pas entuber les spectateurs deux fois de suite. Pour la famille Verneuil, l’objectif est cette fois de persuader les quatre gendres qui, chacun pour des raisons qui leur sont propres, souhaitent quitter la France, d’y rester. Nouvelle histoire ou non, ‘Qu’est ce qu’on a encore fait au bon dieu” surfe rigoureusement sur les mêmes clichés culturels que le premier épisode, parfois en les affinant très légèrement (la crainte de l’insécurité des Chinois, le raz-le-bol du maghrébin considéré comme l’avocat tout désigné pour les affaires de femmes voilées,...), parfois en restant dans le poncif au raz des pâquerettes (le Juif qui fait de l’argent, le patriarche africain qui s’effondre à l’idée d’avoir des enfants homosexuels,...). Toutefois, ce n’est plus vraiment la bourgeoisie de province coincée, celle qui a du mal à s’adapter à la multiculturalité, qui en prend pour son grade : le film explore à présent une sorte de malaise identitaire qui serait ressenti par ceux qui n’ont pas le profil bérêt-baguette : pour eux, la France serait trop fainéante, trop procédurière, administrative, raciste, violente, ou communautariste...mais comme dans le premier volet, la solution passe forcément par une glorification de la France éternelle, de sa culture et de ses valeurs. Avec un brin de mauvais esprit, on pourrait noter que le film semble dire que tant que les intéressés savent apprécier le vin et manifestent au mieux un respect poli envers les écrivains locaux oubliés, il ne devrait y avoir aucune raison de s’embrouiller entre anciens et nouveaux Français. De toute façon, comme sa grande soeur, ‘Qu’est ce qu’on a encore fait au bon dieu’ est une comédie où on rit rarement à gorge déployée ; une comédie sans grande saveur dans laquelle, dans le meilleur de cas, on sourit quand les clichés employés le sont avec adresse et subtilité - et c’est pas souvent ! - et à propos de laquelle on ne peut pas s’enlever de la tête qu’avec une telle approche cocardière, bienveillante et simpliste, le réalisateur envisageait peut-être réellement d’apporter sa pierre à la lutte contre le déclinisme si présent dans l’inconscient collectif français. En soi, il n’a pas forcément tort d’agir comme il le fait: un con qui avance ira toujours plus loin qu’un intellectuel qui cogite. En fait, cette suite n’est ni pire ni meilleure que le premier film, dont il constitue à peu de choses près une version augmentée. Evidemment, tout effet de surprise a disparu...mais la familiarité qui s’est créée avec les personnages compense un peu. Surtout, ‘Qu’est ce qu’on a encore fait au bon dieu’ est redevenu une simple comédie populaire comme il en sort des dizaines par an, et aucun média n’a tenté de le présenter comme un phénomène de société et un “film qui en dit long sur la France sans en être conscient”, ce qui rendait la faiblesse du premier assez insupportable.

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Premières Vacances (Publié le 09/10/2019)

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Sa critique : C’est décidé, après ‘Larguées’, les deux Camille du cinéma français, Chamoux et Cottin, semblent abonnés aux comédies nazes sur les vacances. Cette fois, c’est un couple tout juste formé via Tinder décide de partir en vacances en Bulgarie sur un coup de tête. Le problème, c’est qu’ils ne sont clairement pas vacanço-compatibles. Tout au long de cette laborieuse entreprise de recyclage de tonnes d’autres comédies, le primitif des Balkans en prend pour son grade, après tout, c’est devenu une habitude depuis le navrant ‘Budapest”. Ceci dit, le parigot, qu’il soit du genre gros beauf complètement perdu sans sa 4G et son menu en langue française ou du genre bobo admirative de l’exotisme plouc jusqu’à l’aveuglement, s’en prend plein la tronche aussi, c’est de bonne guerre. Le problème, même sans pousser des cris d’orfraie devant les clichés et la supposée slavophobie de la chose, c’est qu’elle est limite pas drôle, alignant les bons mots et les quiproquos à un bon rythme mais malheureusement sans que ce soit jamais pleinement convaincant. Tout ça avant de servir le happy-end con-con de rigueur qui m’a définitivement convaincu que certaines personnes veulent vraiment être responsables à 100% de leur malheur. Décidément, la nouvelle tendance “bête et méchante” d’une partie de la comédie française ne fonctionnera pas correctement tant qu’elle oubliera qu’elle doit être est plus méchante que bête.

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Sous le Même Toit (Publié le 09/10/2019)

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Sa critique : Faire du neuf avec du vieux, ou du vieux avec du neuf, ou même, tout bien réfléchi, du vieux avec du vieux, ‘Sous le même toit’ le fait à la perfection, avec cette histoire de mari fraîchement divorcé et la tête bien enfoncée sous l’eau, qui revient squatter chez son ex au prétexte qu’il possède un quart de la maison. Le sujet peut sembler moderne (parce que “à cause de la crise, ça arrive souvent” comme ils le serinent quatre ou cinq fois sur le film) mais en fait, il s’agit d’une pure comédie de boulevard à peine dépoussiérée, avec les mêmes mecs tout nus qui se planquent sous le lit, les mêmes gifles qui se perdent, la même obsession pour les coucheries d’autrui : on sait plus ou moins d’instinct comment ça va se passer, et plus ou moins comment ça va se terminer. Il y a peu de ‘Papa ou maman’ là dessous, un peu de ‘Garde alternée’ aussi, mais en moins bon dans les deux cas : c’est que Gilles Lellouch et Louise Bourgoin ne sont pas des acteurs à la vis comica innée, mais comme l’un joue bien le beauf et l’autre joue bien la snob, ça passe plus ou moins sans casse Tout sauf inoubliable, ‘Sous le même toit’ s'acquitte quand même plus ou moins correctement de sa mission : amener les gens dans les salles de cinéma, ou à défaut leur fournir une soirée pas désagréable, sans les brusquer, avec une poignée de rires faciles pour autant qu’on se règle en mode “Bon public”. Ce fut mon cas, étant entendu que je n’attends jamais grand chose des comédies et puis...je confesse une faiblesse coupable pour les comédies où les gens agissent comme de gros connards.

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John Wick (Publié le 06/10/2019)

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Sa critique : Le parcours commercial et médiatique de ‘John Wick’ fait partie des mystères dont l’histoire du cinéma nous abreuve régulièrement. En dépit d’un scénario inclus dans la prestigieuse Black list hollywoodienne (qui recense les meilleurs pitch pas encore portés à l’écran), ‘John Wick est sorti dans une relative discrétion (en comparaison de la réputation dont il jouit aujourd’hui) : d’ailleurs, je ne l’avais même pas vu à l’époque et me suis retrouvé très interloqué en regardant sa parodie, ‘Keanu’, avec Jordan Peele...comédie qui, du coup, ne m’a pas fait beaucoup rire. Aujourd’hui que la franchise en est à son troisième volet, une partie de la presse la présente rétrospectivement comme un véritable messie venue dépoussiérer la nature même du film d’action américain. Est-ce le capital-sympathie dont dispose envers et contre tout Keanu Reeves, autrefois acteur de premier plan progressivement réduit à cachetonner dans des DTDVD d’arts martiaux ? Peut-être...car si ‘John Wick’ est sans aucun doute quelque chose de plaisant et divertissant, j’ai un peu de mal à comprendre en quoi cet espèce de ‘Taken’ à chien pourrait venir bouleverser l’ordre universel des choses ? Non qu’on attende quelque chose d’original d’une production de cet acabit : Keanu est un tueur de haut niveau sagement rangé des flingues quand des petites frappes liquident son chien, ultime présent de sa défunte épouse. Du coup, Mr Wick décide de reprendre du service pour bouter la mafia russe - ou ce qu’il en restera après son passage - hors de New York. Peut alors débuter la valse des clichés obligatoires du genre - la cache d’arme sous la maison, l’hôtel de luxe qui fait office de zone-franche pour tous les gangsters d’Amérique - et une succession continue de bastons, fusillades, égorgements et cassages de membres qui se terminent par un paquet de cadavres et un Keanu Reeves vénère et mutique qui s’en va voir ailleurs s’il reste des trucs à refroidir. Le jeu de massacre est chorégraphié avec soin - les réalisateurs avaient précédemment bossé dans le domaine des cascades - sans excès graphiques ni tendances au destruction-porn : c’est peut-être parce que ‘John Wick’ souhaitait rester crédible et (à peu près) réaliste, ou peut-être parce que le film ne disposait que de moyens relativement modestes. Toujours est-il que j’aurais du mal à accoler à ‘John Wick’ un épithète plus fort que “divertissant”, puisqu’il ne me donne jamais l’impression de révolutionner quoi que ce soit : le délire sanguinaire reste globalement sous contrôle, dans le regard de tueur reptilien de Reeves affleure toujours la candeur de Johnny Utah et l’inébranlable premier degré du scénario le rend moins savoureux qu’un ‘Equalizer’’, même si c’est certainement la première fois qu’un barbouze pête les plombs à cause d’un clébard..

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