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LES 1810 CRITIQUES DE Marc
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Au Poste! (Publié le 09/08/2018)

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Sa critique : Après un pneu rôdant dans le désert, la disparition d’un chien nommé Paul ou l’enregistrement du meilleur cri de terreur de l’histoire du cinéma, on en arriverait presque à trouver rationnel et rassurant que Quentin Dupieux choisisse un simple interrogatoire de police, entre un commissaire de police fatigué de tout et un témoin qui ne comprend pas encore très bien ce qui lui arrive, comme cadre pour son nouveau film. La validité d’un tel dispositif repose évidemment avant tout sur les acteurs, surtout Poelvoorde, efficace même dans un créneau où il ne surprend plus depuis longtemps et Marc Fraize, improbable dispensateur d’un humour extraterrestre à la fois naïf et à froid. Bien entendu, tout l’intérêt de la chose repose sur la fragmentation progressive du réel, la confusion qui s’installe entre les faits, les souvenirs et les interprétations : la construction temporelle et géographique en forme de poupée-gigogne et les running-gags (le “C’est pour ça” utilisé à tort et à travers, les corrections orthographiques et langagières douteuses du commissaire,...) finissent par jouer un rôle légèrement hypnotique, tout en apportant le quota d’humour absurde et décalé à ceux qui apprécient les films de Dupieux prioritairement pour cette raison. Bon...et à part ça ? Jouer avec les mots, les codes, le rapport à la fiction et au récit, la suspension d’incrédulité à la fois des personnages à l’écran, de ceux qui les incarnent et du spectateur, c’est ce que Dupieux fait et il le fait plutôt bien. D’ailleurs, à quelques variations près, c’est ce qu’il fait à chaque fois. Reste que la principale nouveauté apportée par ‘Au poste!’ tient à l’abandon de l’esthétique californienne au profit d’une ambiance austère et froide, celle du polar français d’autrefois. Sur le fond, c’est le même bon vieux gimmick, la même vieille mise en abîme décalée, celle qui faisait tourner ‘Realité’, ‘Wrong’, ‘Wrong cops’ et tous les autres qui refait surface et se recycle elle-même : en toute franchise, le charme opère de moins en moins, a fortiori quand il ne s’est pas passé énormément de temps depuis la dernière plongée dans le Dupieuxverse.

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Stalker (Publié le 01/08/2018)

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Sa critique : ‘Stalker’ est peut-être une des expériences cinématographiques les plus particulières auxquelles j’ai eu l’occasion de m’adonner. Peut-être s’agit-il même d’un “film-qui-n’est-pas-un-film” mais qu’on pourrait assimiler à une rêverie métaphysique pour son auteur, un support permettant d’élaborer une réflexion aléatoire pour son destinataire. Sans remettre en question le génie visuel de Andreï Tarkovski, et ses réflexes d’aller chercher sa vérité artistique non pas dans le Nouvel homme socialiste mais dans l’Ancien homme empreint de foi et d’un mysticisme dont il était lui-même un partisan convaincu (ce qui rendit ses conditions de travail de plus en plus compliquées au sein d’un système politique basé sur le matérialisme athée), il est difficile de nier qu’à l’image de ceux d’un Pasolini, dont il partage la quête d’humanisme avec une sensibilité différente, son travail cinématographique est ardu, d’une haute exigence intellectuelle, parfois à la limite de l’hermétique ; qu’ils défie la logique d’un cinéma pensé prioritairement pour le divertissement et qu’ils devrait pour cette raison ennuyer prodigieusement la plus grande partie du public. Pour résumer ce qui tient lieu d’argument de départ, le “Stalker” doit conduire “l’écrivain” et “le professeur” au coeur de “la Zone”, en un lieu qui a le pouvoir d’exaucer tous les souhaits : les personnages ne sont pas nommés, c’est déjà un signe qu’ils ne valent - peut-être - que pour ce qu’ils représentent. On pourrait en révéler plus mais, à bien y réfléchir, ce n’est aucunement nécessaire. Si traditionnellement, ‘Stalker’ se rattache au courant Science-Fiction - le roman des frères Strougatski, ‘Pique-nique au bord du chemin’, en était, très clairement - la forme que Tarkovski lui a conféré n’en conserve plus que quelques vagues références, comme la nature de cette “Zone”, peut-être d’origine extraterrestre, peut-être détruite par la radioactivité, peut-être tout à fait autre chose : on n’en saura de toute façon rien, ‘Stalker’ n’étant pas de la race des films qui apporte la moindre réponse. Dans le même ordre d’idées, il ne faut pas s’attendre à des visions du futur, des vaisseaux, des armes, des costumes ou que sais-je encore : d’un bout à l’autre de ‘Stalker’, il n’y a, en soi, rien à voir, quelques acres d’herbes folles, de ruines bétonnées et de canalisations inondées : Tarkovski étant un des cinéastes formellement les plus doués de sa génération, il parvient pourtant à conférer à ces environnements d’une banalité absolue un rendu troublant, jusqu’à rendre parfois presque “beaux” dans leur décrépitude ces panoramas de terre détrempée qui lui sont si chers. Il y a surtout que ‘Stalker’ affiche une progression d’une extrême lenteur. On peut même parler d’une forme d’immobilisme narratif puisque la narration n’est de toute façon pas le moteur du film, et qu’un spectateur distrait pourrait affirmer sans honte qu’il ne s’est rien passé en un peu plus de deux heures et demi. Cette lenteur relève d’une certaine logique puisque la Zone est supposée être un lieu où les contingences physiques, géographiques et temporelles du monde sont abolies, et où la ligne droite n’est le plus sûr chemin que vers la mort. A l’instar de ses protagonistes qui prendront plusieurs jours pour parcourir quelques centaines de mètres, le film décrit un voyage interminable, où il ne se passe rien : les dangers sont sans cesse mentionnés mais rien ne vient confirmer qu’ils ont une existence tangible. D’ailleurs, le terme même de “Stalker” ne fait-il pas référence à une progression prudente, précautionneuse et discrète ? Paradoxalement, la léthargie qui pourrait guetter se trouve contrariée par une forte densité conceptuelle. A de nombreuses reprises, les trois voyageurs cessent leur progression et débattent avec animation, citent poètes et philosophes, confrontent leurs visions politiques et éthiques, se réfèrent à la bible pour tenter de percer à jour les secrets de l’endroit et leurs propres raisons de s’être lancé dans une telle expédition. Ces références, ces constats, ces pensées entreront, à un moment où à un autre, en résonance avec les propres questionnements du spectateur, et alimenteront cette réflexion, ce moment à passer avec soi-même, que recherchait Tarkovski...car c’est de l’Homme qu’il s’agit au final, de ce qui l’anime, de ce qu’il cherche à tâtons tout au long de sa vie, dans la souffrance et l’obscurité, sans être vraiment capable de l’identifier. Peu importe ce que le Stalker, l’écrivain ou le scientifique découvriront à l’issue de leur périple: même quand Tarkovski juge utile de lever un peu le voile, cela n’a qu’une valeur exemplative, un appui pour transformer l’expérience en une sorte de “Film-dont-vous-êtes-le-héros”, et dont ce sera au spectateur de définir ce qu’il lui aura spontanément inspiré et ce qu’il en aura retiré. Serez-vous sensible à la possibilité d’un lieu détaché des contingences matérielles et politique, qui rend possible une introspection objective ? Moquerez-vous la foi de charbonnier du Stalker ? Plaindrez-vous au contraire les deux cartésiens trop cérébraux pour regarder le mystère de la vie en face ? Est-ce l’allégorie religieuse (en fait panthéiste, mais on repère évidemment mieux la symbolique chrétienne) qui vous marquera en premier avec ce Stalker, figure d’humilité et de relatif désintéressement, qui se désespère de la cupidité, de l’arrogance humaine et de l’incapacité de ses semblables à être raccordés à eux mêmes, à l’écoute de leurs aspirations profondes ? Ou l’allégorie politique, puisque le lieu pouvant potentiellement conduire à l’épanouissement et au bonheur humain se trouve interdit d’accès et férocement gardé par le pouvoir en place ? Peu importe, il n’y a aucune vérité unique à retirer de ce projet brut et minimaliste, et Il est donc très difficile de définir ‘Stalker’ comme un bon ou un mauvais film : c’est un film marquant, fascinant, rebutant, une expérience à part entière, pensée et conçue comme telle dans son unicité, dont la bonne marche dépendra de multiples facteurs : même si cela sonne comme une énorme tarte à la crème, la destination n’ayant ici aucun intérêt, c’est du voyage dont il faudra tirer des agréments...mais cela variera aussi énormément en fonction du moment du voyage et du voyageur !

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Les Moissons du Ciel (Publié le 01/08/2018)

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Sa critique : Il est intéressant d’observer, quand on a découvert Terrence Malick avec ‘The tree of life’ et qu’on entame une démarche rétrospective pour découvrir sa filmographie antérieure que toutes les composantes de son art se retrouvaient déjà dans ‘Les moissons du ciel’, même si ce dernier s’avère nettement moins expérimental que les films qu’il tourne depuis 2012. Le scénario s’avère même d’une certaine banalité : au début du 20ème siècle, Bill et Abby quittent la ville pour tenter leur chance au Texas en tant que saisonniers et se font passer pour frère et soeur histoire de simplifier les choses. Bill persuade Abby de céder aux avances de leur employeur, amoureux d’elle mais atteint d’une maladie incurable, dans ce qui ressemble à un plan bien huilé...jusqu’à ce que, de part et d’autre, les sentiments s’en mêlent. Si le mélodrame est de facture classique, la manière de le mettre en scène l’est beaucoup moins, et témoigne de la forte personnalité de Terrence Malick, qui transforme chacun de ses films en objet d’art à part entière, quand bien même on peut estimer que certains d’entre eux sont d’un ennui insondable (‘To the wonder’ valait tous les sédatifs disponibles au marché noir). Le réalisateur ne s’est d’ailleurs jamais privé de capitaliser sur l’admiration suscitée par son travail auprès des critiques, en nimbant sa carrière d’un voile de mystère, en n’accordant des entretiens qu’au compte-goutte et ne s’étendant jamais sur sa méthode de travail, ses sources d’inspiration ou ses objectifs. D’ailleurs, très mécontent de l’accueil public tiède réservé aux ‘Moissons du ciel’ malgré les nombreux prix récoltés et l’enthousiasme de la critique, Malick disparut de la circulation pendant 20 ans jusqu’à son retour avec ‘La ligne rouge’ en 1999. Pour en revenir à ce qui a caractérisé de toute éternité la vision artistique de cette forte tête, on retrouve, dans le désordre, cette manière inimitable de filmer les êtres évoluant vers un objectif inconnu, en une succession rapide d’angles différents ; l’incontournable voix-off, plus explicite cette fois puisqu’il s’agit de celle de la petite soeur d’Abby qui décrit les tourments des adultes avec ses mots d’enfants ; et un panthéisme plus ou moins conscient qui le pousse à perpétuellement rechercher une logique d’interdépendance entre l’homme, en ce compris ce qu’il construit pour dominer son environnement, et la nature dans les plus infimes représentants de sa diversité. Pas plus qu’il ne se décide à traiter l’intime autrement qu’à travers de vastes scènes d’ensemble - il n’aime pas les plans rapprochés, ne sait pas quoi en faire - , Malick ne parvient pas à choisir entre sa vision mystique d’une nature où Dieu semble présent dans chaque brin d’herbe et son approche rigoureuse, quasi documentaire, des techniques agricoles et de la collectivité humaine. Surtout, on perçoit, un peu confusément parce que cela ne fait pas nécessairement partie du bagage culturel européen, que Malick se rattache à une tradition artistique intensément américaine, où voisinent les poèmes de Walt Whitman et les visions picturales d’Edward Hopper. ‘Les moissons du ciel’, au-delà de l’intérêt qu’il peut susciter pour son scénario ou ce qui gravite autour (et soyons sérieux, ce n’est pas le chef d’oeuvre du siècle à ce niveau), est un ‘beau’ film, un film somptueux même. Alors que d’ordinaire, on peut tabler sur une, dans le meilleur des cas deux ou trois scènes à même de vous laisser dans un état de stupeur émerveillée face à tant de ravissement esthétique ‘Les moissons du ciel’ s’adonne à un véritable tir de barrage et j’ai rapidement perdu le compte des moments où j’ai risqué un syndrome de Stendhal par écran interposé. Soucieux de coller à un contexte historique où la technologie n’en était qu’à ses balbutiements, Malick a choisi de tourner entièrement en lumière naturelle, et plus précisément à ‘l’heure bleue’, ce bref moment où le soleil a disparu derrière l’horizon et où ses ultimes rougeoiements colorent la terre d’un ocre qui contraste avec le bleu intense du crépuscule. Extase visuelle, lyrisme déchirant, synthèse exhaustive des talents d’un des derniers cinéastes du ‘Nouvel Hollywood’ encore actifs aujourd’hui pour un film qui, au final, ne m’a pas particulièrement intéressé pour ce qu’il avait à raconter : si je n’en suis tout de même pas à le considérer comme l’un des plus grands films américains de l’histoire (statut privilégié qu’il possède et dont, dans un certain sens, je peux accepter la logique), ‘Les moissons du ciel’ me semble néanmoins être un chef d’oeuvre plastique que toute personne devrait avoir vu au moins une fois dans sa vie.

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Ant-Man et La Guêpe (Publié le 01/08/2018)

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Sa critique : Ce qui surprend, à la vision de ce second volet des aventures de Ant-man, ce sont ses enjeux d’une relative humilité, détachés de la gigantomachie galactique à laquelle commence à ressembler l’univers des Avengers, puisqu’il s’agit ici d’une mission de sauvetage, afin de retrouver la mère de la Guêpe (et ancienne détentrice du costume), disparue depuis 30 ans dans la dimension sub-atomique, de flirter un peu avec la fille et de détourner les mouvements d’humeur du père, Hank Pym. Les méchants, pour autant qu’il s’agisse vraiment de “méchants”, sont assez secondaires dans cette histoire, et Ant-man lui-même semble en retrait : en tout cas, il n’occupe pas une place beaucoup plus importante que sa co-équipière - ce qui est normal - mais son mentor, ses ennemis et même le sidekick comique avec qui il a fondé sa boîte de sécurité ont presque autant de présence à l’écran que lui, comme si on était dans un mini-Avengers à dimension humaine. L’exemple est toutefois mal choisi : induit en erreur par l’étiquette Marvel, on a l’impression qu’on va assister à un “Film de Super-Héros” : même lorsqu’ils optent ouvertement pour l’humour, à l’instar du dernier “Thor”, les films de Super-Héros possèdent en commun un certain sens de la démesure et des personnages qui gardent le contrôle de la situation ou finissent par le reprendre. Rien de cela ici avec un film qui repose principalement sur les mécanismes de la comédie d’action, tendance Heist-movie (ou “Gendarmes & voleurs de luxe”), où ce sont autant les erreurs et les maladresses des personnages que leurs compétences qui rythment des cascades et courses-poursuites frénétiques qui ne s’interrompent que pour laisser les acteurs déployer, avec plus ou moins de bonheur, leur art de la vanne. Sans surprises, ce sont les changements de taille continuels des protagonistes ou des objets et les pérégrinations dans l’infiniment petit qui constituent les principaux marqueurs visuels de ‘Ant-man et la Guêpe’, évolution logique et adaptée aux possibilités du 21ème siècle du plaisir qu’on prenait à suivre, enfant, la série des “Chérie, j’ai rétréci/agrandi…” ou encore “L’aventure intérieure”. Sans surprises également, ces artifices marquent moins l’esprit que lorsqu’on les avait découvert voici trois ans. Divertissant, ‘Ant-man 2’ séduit autant par son ton atypique au sein de l’univers cinématographique Marvel qu’il déçoit par le peu d’éléments neufs qu’il apporte à son prédécesseur, sa raison d’être semblant parfois se borner à faire avancer le scénario jusqu’à la scène post-crédit qui raccroche les wagons à ‘Infinity war’. Malgré une bonne tenue générale, il se pourrait donc bien que cette franchise soit déjà arrivée au bout de ses possibilités

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Coco (Publié le 30/07/2018)

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Sa critique : Qu’est ce qui a permis à Pixar de s’assurer une suprématie aussi absolue sur l’animation internationale, au point que même si cette dernière manifeste aujourd’hui certains signes d’érosion, la firme à la lampe bénéficie toujours d’une confortable avance sur tous ses concurrents ? C’est simple : la domination des studios de Emeryville est avant tout émotionnelle, et tient tout entière dans le savoir-faire inégalé avec lequel ils traitent et illustrent les émotions universelles, plus spécifiquement la nostalgie et le regret de ce qui disparaît...mais une nostalgie qui ne s’abandonne pas au désespoir et constitue au contraire une étape vitale et nécessaire pour aller de l’avant : adieu aux émotions de l’enfance dans ‘Toy story 3’ ou ‘Vice-versa’, adieu au cadre et aux règles rassurantes pour ‘Le monde de Nemo” et même dans le dernier ‘Cars’, il était finalement question d’accepter que le meilleur soit derrière soi. Avec ‘Coco’, on se retrouve plus que jamais dans cette démarche puisqu’il est question d’une famille bloquée dans la rancoeur envers un ancêtre artiste qui brisa autrefois l’harmonie familiale, et d’un jeune garçon, prêt à tout pour vivre sa passion pour la guitare, qui se prépare à bouleverser ces lignes de fracture. Comme c’est au Mexique que Unkirch et Molina ont planté leur décor, c’est durant le Dia del Muertos et dans le “Monde du souvenir” que se déroulera l’aventure, dans un déluge de couleurs et de formes fabuleuses, de remuants et défunts ancêtres et de musique mariachi endiablée. On serait totalement sous le charme si, voici déjà 4 ans, on n’avait pas déjà regardé une certaine ‘Légende de Manolo’ qui se déroulait dans la même atmosphère mexicaine morbide mais festive, et reposait presque sur le même scénario. Evidemment, à tous les niveaux, Pixar fait un peu mieux que la Fox mais une fois n’est pas coutume, l’originalité et l’innovation ne sont pas de leur côté. Reste que c’est bien avec cette notion centrale du souvenir et des jours d’autrefois à jamais envolés que ‘Coco’ tire son épingle du jeu : dans leur Outre-monde fantasmagorique mais à l’organisation et aux défauts tellement humains, les Morts ne survivent que dans le souvenir de ceux qui sont restés de l’autre côté : en explorant une dynamique familiale viciée par le non-dit sous couvert d’un “cold-case” picaresque et en faisant du pivot du scénario une très vieille femme elle-même sur le point de faire le grand saut, “Coco’ touche au coeur et s’impose sans coup férir comme une des productions les plus émouvantes de l’année écoulée.

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Ferdinand (Publié le 30/07/2018)

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Sa critique : Beaucoup se souviennent sans doute de ce charmant vieux cartoon qui mettait en scène un énorme taureau noir qui préférait les fleurs à la corrida. Je me demandais d’ailleurs comment il était possible qu’une bovidé de l’oncle Walt se soit retrouvé à cachetonner chez Blue Sky. Honte à moi, Ferdinand le taureau n’est pas plus un personnage Disney que ne le sont Pinocchio ou Blanche-Neige : c’est le héros d’un livre pour enfant de Munro Leaf, dont le succès fut tel que Disney en produisit une adaptation animée dès 1939, trois ans après sa première parution. Dans l’absolu, l’idée de tirer un personnage aussi ancien de l’oubli n’est vraiment pas pour me déplaire, même si sur le fond, ‘Ferdinand’ ne se différencie guère du tout-venant en provenance des grands studios américains : dans une Espagne de carte postale, on a affaire une fois de plus à l’incontournable ode à la tolérance et à l’entraide et, plus implicitement, à un plaidoyer en faveur du libre-choix de vie et à une démonstration qu’il n’y a nul besoin de déploiements de virilité agressive pour être le héros du moment. C’est dans l’air du temps, donc relativement banal, certes, mais c’est conçu pour les gosses par un studio américain, et on n’a pas plus de raisons pragmatiques de s’en offusquer que du constat que les séquences qui se déroulent à l’abattoir ou dans l’arène sont totalement édulcorées : déjà que c’est pas évident de les rendre ouverts, respectueux des choix d’autrui et non conformistes, les moutards, alors on leur parlera souffrance animale une autre fois ! Comme d’habitude chez Blue Sky, c’est l’excellence du character-design des personnages secondaires qui contribue à emporter un jugement favorable : que ce soit la vachette écossaise, le taureau génétiquement modifié, les poneys à l’accent autrichien ou même le toréro tout en coups de menton et en regards de braise, tous sont à la sources de quelques excellents gags visuels qui devraient faire sourire même les adultes.

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Le 15h17 pour Paris (Publié le 26/07/2018)

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Sa critique : Incendié par les critiques internationales, ‘Le 15:17 pour Paris’ fut traité avec davantage de perspicacité par certains critiques pour lesquels j’ai beaucoup de respect et pour qui le dernier film de Clint Eastwood, loin de constituer un incident de parcours ou un crise de gâtisme patriotique, s’inscrit dans une continuité à la fois thématique, plastique mais aussi symbolique propre au cinéaste avec l’enracinement d’un mythe américain par l’effacement de ceux qui l’ont perpétré au profit de leur représentation culturelle, picturale, littéraire, etc... à savoir Anthony Sadler, Alek Scarlatos, Spencer Stone, ces trois Américains en vacances qui neutralisèrent le terroriste qui se préparait à perpétrer un carnage dans le Thalys Amsterdam-Paris le 21 août 2015. Le principal marqueur d’originalité du projet, qui obéit à cette logique d’appropriation du récit par la culture globale mais consent encore à y impliquer ses figures authentiques, est évidemment que Sadler, Scarlatos et Stone sont joués à l’écran par...Sadler, Scarlatos et Stone (et ça vaut aussi pour les autres personnes impliquées dans la bagarre...sauf le terroriste évidemment) . Ces trois-là ne sont pas des acteurs professionnels, ce qui implique que quelque soit le bout par lequel on l’aborde, ‘Le 15h17 pour Paris’ ne ressemble que très peu, malgré le fait que les neuf dixièmes du film recouvrent des éléments biographiques inconnus du public, à une fictionnalisation de la réalité, comme pouvait l’être ‘American sniper’, avec un Chris Kyle joué par Bradley Cooper : c’est, au mieux, une reconstitution des faits ou une moderne image d’Epinal mise en scène pour l’édification des générations futures. Il est inutile d’espérer que les faits soient le moins du monde transcendés par une hypothétique métamorphose en Thriller d’action, comme ils l’auraient été si on avait confié le soin de raconter les événements à Paul Greengrass ou à Kathryn Bigelow : l’attentat avorté lui-même n’occupe que quelques minutes à l’écran, même s’il constitue le pivot autour duquel Eastwood fait graviter la Geste de ses trois héros (et Spencer Stone en particulier), des gamins élevés dans la foi par des mères isolées mais toujours présentes pour les soutenir, Stone qui s’acharne à devenir militaire pour “sauver des vies” et voit chaque fois son rêve s’éloigner sans pour autant baisser les bras. Paradoxalement, Eastwood normalise les trois hommes en s’attardant sur l’intense banalité de leur séjour estival en Europe...mais au final, il s’agit bien d’un piédestal dressé à l’exceptionnalisme américain et aux héros ordinaires qui s’épanouissent en son sein, comme Chris Kyle, comme Chesley Sullenberger, comme Sadler, Scarlatos et Stone. La différence est que l’iconisation semble cette fois, contrairement à ‘American sniper’ par exemple, dépourvue du recul nécessaire pour statufier et “expliquer” ces types - qui se sont effectivement montrés courageux - autrement que par un mélange de foi ardente, d’abnégation, de passion des armes et de messianisme altruiste et belliqueux : si le mélange a de quoi laisser très circonspect en Europe, on ne peut pas nier qu’il reste intrinsèquement américain. Si on est libre trouver le produit fini peu intéressant sur le fond comme sur la forme, il ne s’agit pas plus d’un accident dans la filmographie de Eastwood que Trump n’est un accident des élections américaines. C’est en cela que Eastwood est un réalisateur profondément américain, qui n’a jamais cherché à “européaniser” son discours et sa vision en affichant du dédain, de la méfiance ou simplement un manque de conviction envers la religion, le rapport aux armes ou la “Destinée Manifeste” de son pays : c’est juste que quelques prix et films plus consistants que ce dernier-né contrefait l’avaient momentanément fait oublier au public européen.

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My Cousin Rachel (Publié le 26/07/2018)

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Sa critique : Un jeune propriétaire terrien reçoit sur ses terres la lointaine et italienne cousine Rachel, qu’il soupçonne d’avoir assassiné son époux, qui se trouve également être l’homme qui l’a élevé. En dépit de sa résolution de se montrer intraitable, le jeune homme, immature et ignorant tout de la gent féminine, tombe instantanément sous le charme de celle qu’il considérait comme une “veuve noire”...mais en est-elle seulement une, ou plus simplement une femme dont la sensibilité se heurte à la nécessité d’être dure pour survivre dans un monde d’hommes? Dommage que la réalisation pose les termes de l’équation dès les premières secondes, en affirmant que le doute n’est pas destiné à être levé au terme du récit. Dès lors, sans être insuffisant en aucune façon, ‘My cousin Rachel’ laisse souvent une impression de trop peu. Rachel Weisz fait le job correctement, passant en un battement de cil d’une attitude qui inspire l’empathie à une autre qui suscite la méfiance...mais ce n’est curieusement pas suffisant pour que son personnage devienne aussi trouble qu’il promettait de l’être. Le réalisateur porte aussi une certaine part de responsabilité dans l’impression mitigée qu’on retire de ‘My cousin Rachel’ : Roger Michell, artisan expérimenté mais rarement inspiré, ne parvient pas à assurer une ambiguïté suffisante pour rendre justice au roman de Daphné Du Maurier et joue la sécurité, en se retranchant paresseusement derrière l’impeccable travail de reconstitution visuelle inhérent aux productions patrimoniales britanniques. On ne peut pas s’empêcher de penser que le résultat aurait davantage convaincu avec un réalisateur moins timoré, et peut-être même d’autres acteurs : ce n’est pas pour rien que les écrits de Du Maurier ont figuré par le passé parmi les projets d’adaptation favoris de Alfred Hitchcock. ----------

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Les Indéstructibles 2 (Publié le 17/07/2018)

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Sa critique : La suite des Indestructibles débute à la seconde où le premier épisode s’était arrêté voici 14 ans. un fameux gage de confiance en soi, qui implique que Brad Bird estime que le premier volet a suffisamment marqué les spectateurs pour qu’ils aient gardé sa scène finale en mémoire. Bien conscient que si le public se rappelle d’une scène, il se rappelle sûrement aussi d’une ambiance et d’un état d’esprit, Bird ne tente plus de jouer avec les codes du film de superhéros comme il l’avait fait à l’époque et surfe sur de gentils clichés liés à l’adolescence, l’organisation économique familiale et la charge mentale. En effet, cette fois, Mme Indestructible est chargée de rehausser l’image des surhommes en filmant ses exploits, chapeautée par un magnat de la communication qui s’est improvisé mécène...alors que Mr Indestructible doit rester à la maison et veiller sur les enfants, dont le survolté Jack-Jack dont l’étendue des pouvoirs demeure inconnue, ce qui donne lieu de manière attendue aux scènes les plus amusantes du film. Signe de l’insensible essoufflement de la méthode Pixar, qui livre aujourd’hui moins de chefs d’oeuvre que de bonnes productions calibrées, ‘Les indestructibles 2’ ne démérite pourtant pas en matière de rythme, d’humour et de rebondissements haletants et si le scénario laisse une impression de brouillon à quelques reprises, ce n’est pas grand chose en comparaison de ses multiples autres qualités. Bien qu’il repose sur le même noyau dur de personnages, sans chercher à en ajouter qui dépassent le stade de la figuration, difficile de prétendre s’ennuyer une seconde devant ce cocktail parfaitement maîtrisé de tout ce qui assure le succès d’une production d’animation familiale aux ambitions globales : il est tout de même ironique que Brad Bird, qui n’a pas de mots assez durs pour fustiger l’omniprésence des films de super-héros sur les écrans, soit lui-même à la tête de la plus célèbre franchise de super-héros en version animée et surtout, qu’il ait renoncé à en détourner savamment les codes pour se contenter de livrer une aventure certes pétaradante mais dont les différents niveaux de lecture auraient tout aussi bien fonctionné avec des jouets, des poissons tropicaux ou des véhicules anthropomorphiques.

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Thérèse (Publié le 09/07/2018)

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Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : Le choix de ce film peut sembler saugrenu, pour ceux qui connaissent le mécréant que je suis. D’accord, j’ai visité Lisieux, par curiosité historique, mais je n’éprouve pas davantage de sympathie pour Sainte Thérèse que pour le reste du catholicisme : j’ai tout simplement du mal à accepter le concept même de la souffrance improductive en rédemption d’obscurs pêchés universels. Néanmoins, je me suis laissé convaincre de visionner la chose par un ami qui y tenait beaucoup et puis, après tout, un Prix du jury à Cannes, ça méritait sans doute que je surmonte mes réserves de départ. Le réalisateur, Alain Cavallier, au terme d’un long cheminement artistique qui l’a éloigné de la fiction au point qu’il aborde aujourd’hui ses travaux comme une réinterprétation quasi documentaire du réel, a décidé de ne pas raconter la vie de Sainte Thérèse comme un simple biopic l’aurait fait (d’ailleurs, il n’y avait foncièrement pas grand chose à “raconter”). Dans un décor épuré à l’extrême (fond monochrome, quelques objets liturgiques,...) et à travers des dialogues très écrits mais qui s’expriment la plupart du temps sur le mode du chuchotement , il documente avec précision les métamorphoses de cette adolescente ordinaire de la petite-bourgeoisie normande, qui vit son entrée en religion comme un mariage avec le Christ, oscille entre ingénuité naïve et exaltation mystique mais subit également les affres du doute lorsque la maladie qui la tuera lance ses premiers assauts. Pour être franc, malgré l’interprétation irréprochable de Catherine Mouchet, alors dans son premier (et unique!) grand rôle, je n’ai pas trouvé que le film dégageait la moindre “sérénité” au sens où d’autres oeuvres offrant un témoignage de la foi (par exemple, ‘Des hommes et des dieux” de Xavier Beauvois) y parvenaient : personnellement, les rigueurs du Carmel, “magnifiées” si l’on peut dire par l’aridité visuelle de Cavallier, que Thérèse affronte avec une d’inaltérable réserves d’espérance et de joie de vivre, seraient plutôt du genre à me plonger dans l’effroi et l’incompréhension. Néanmoins, j’admet qu’on puisse éprouver un certain intérêt à suivre ce cheminement spirituel filmé au plus près, dans toute son austérité, par un cinéaste critique mais admiratif de la force de conviction portée par le personnage.

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