COMME NOS MILLIERS D'ABONNES
DECOUVREZ LE MEILLEUR DU CINEMA SUR DVDPOST


PLUS DE 20.000 TITRES
LES 1831 CRITIQUES DE Marc
user-thumb 5_pen_3_fr
Trier par :

Very Bad Dads 2 (Publié le 12/10/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Comédie familiale avec Will Ferrell et Mark Wahlberg sortie voici quelques années, et ayant déjà plus ou moins disparu des mémoires, ‘Very bad dads’ observait la “lutte’ d’un beau-père un peu coincé qui luttait pour conserver l’affection de ses beaux-enfants suite au retour du père biologique, évidemment beaucoup plus cool et marrant que lui (je vous fais un dessin pour vous expliquer qui est qui où ça va comme ça..?). Vous vous en doutez, les deux rivaux devenaient amis à la fin, avec une belle morale sur les atouts de chacun à la clé. Vu que ce genre de comédie fonctionne toujours, les studios se sont vite demandé comment récidiver sans donner l’impression de (trop) se répéter ? La réponse était simple : comme dans la suite de ‘Mon beau-père et moi’, il suffisait de rajouter une couche générationnelle en plus, avec l’arrivée dans le jeu de quilles d’un papy-gâteau-émotif et d’un papy-grossecouilles-beauf, ce dernier parfaitement incarné par un Mel Gibson en grande forme. Comme dans le premier épisode, l’ensemble repose fortement sur l’humour slapstick, créneau dans lequel Wahlberg et Ferrell se montrent singulièrement doués, dosé pour que les enfants soient trop occupés à rire des gags visuels pour se préoccuper de comprendre les quelques réflexions plus salaces. Comme le film se déroule durant les fêtes de fin d’année, ne cherchez pas de traces de mauvais esprit, tout se terminera dans la réconciliation, les valeurs familiales et les chants de noël. Ce n’est pas dramatique en soi, mais pourquoi faut-il toujours que les Américains rendent ça si neuneu et lénifiant ? Du coup, ce n’est pas encore cette fois qu’un nouveau venu disputera à ‘Love actually’ son trône de meilleure comédie de noël.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Verybaddads2bfr dvd

Le Musée des Merveilles (Publié le 12/10/2018)

Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Tout au long de ce ‘Musée des merveilles’, la magie est latente, implicite, sous-jacente. Elle peut s’incarner dans l’apparition du son au cinéma, dans cette impressionnante maquette (réelle) de New-York au musée du Queens, ou dans les cauchemars peuplés de loups féroces du jeune Ben...mais il n’y a pas de fantastique à proprement parler dans l’histoire de ces deux enfants qui s’embarquent dans une odyssée new-yorkaise, l’un à la recherche d’un père inconnu, l’autre d’une actrice vénérée, à un demi-siècle d’écart On guette évidemment le lien, inévitable, qui ne manquera pas de renouer les fils des deux trames. Dans le script de Brian Selznick, auteur du livre pour enfants dont le film est tiré (mais aussi de ‘Hugo Cabret’, auquel ce spécimen ressemble parfois), on retrouve la logique du retour aux sources, qui anime ces enfants en quête de leurs origines pour pouvoir mieux appréhender l’avenir, cette même fascination pour les débuts du cinéma, cette même bienveillance globale envers l’humanité. Dans la mise en images de Todd Haynes, on notera que ce dernier filme New York, métropole agitée des Années folles ou chancre urbain décadent et sexy dans les années 70, aussi bien qu’un Woody Allen au sommet de sa forme aurait pu le faire. On appréciera aussi que la surdité d’un des enfants (Rose, en 1927) lui permette de jouer avec les codes visuels du Muet et, paradoxalement, ait donné lieu à un travail sur le son à la fois discret et essentiel, une ces trop rares atmosphères qui vous font décrocher de l’histoire qui se déroule à l’écran pour en savourer toutes les nuances durant quelques instants. Il existe malheureusement une autre raison qui fait que si ‘Le musée des merveilles’ était un livre, il vous tomberait des mains au bout d’une heure: si le film offre de multiples raisons formelles de se réjouir, on a peine à se passionner pour le récit de ces destins croisés, qui se développent sans parvenir à susciter beaucoup d’intérêt, de suspense ou d’émotions…

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Lemuseedesmerveilles2017bfr dvd

Confident Royal (Publié le 12/10/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Avec toute la pompe de rigueur, ‘Confident royal’ relate les quinze années où Mohammed Abdul Kareem, indien et musulman, fut au service, en tant que valet personnel, de la reine Victoria qui noua avec lui une relation de confiance et de complicité très étroite, au grand dam de la cour qui ne voyait pas d’un bon oeil ce “sauvage” exercer un tel ascendant sur la souveraine. La principale qualité de ‘Confident royal’ est d’être assez souvent drôle : voir d’une part cette cour empesée, figée dans un cérémonial d’un autre temps, incapable de s’acclimater à la présence du domestique indien, et d’autre part cette souveraine vieillissante et désabusée retrouver le piquant et l’énergie de sa jeunesse au contact d’un étranger qui lui apporte simplement de l’écoute, de la stimulation intellectuelle et de la fantaisie, en sus d’une ouverture culturelle sur ses possessions impériales où elle n’a jamais mis le pied, donne à ‘Confident royal’ les allures d’une satire. On tique pourtant un peu quand on voit Victoria traiter son personnel et ses proches de “racistes” et admirer la burqa, “pleine de dignité”, de l’épouse de Kareem, alors même qu’un tel vêtement n’existait pas à l’époque, comme si on plaçait complaisamment dans la bouche d’une reine morte en 1901 des constats et des remarques strictement contemporaines. Stephen Frears ne prétend d’ailleurs pas que son films soit tout à fait conforme à la réalité et préfère le présenter comme un conte, qui ridiculiserait une certaine mentalité étriquée qui n’aurait pas hésité à priver une vieille dame de son droit au bonheur pour des questions de préséance et de préjugés raciaux. Admettons : je n’ai rien contre le fait qu’on invente une fable pour promouvoir l’altérité et le respect des coutumes différentes...mais dès lors, pourquoi violenter l’histoire à ce point ? Il ne faut pas se leurrer : ce qui subsistera de Victoria et Abdul dans l’esprit du public (s’il en subsiste quelque chose), ce ne sont pas les travaux des historiens mais le film de Stephen Frears...et celui-ci prend plus que des libertés avec le réel. Résumons : Victoria éprouvait certainement de la bienveillance et de l’affection pour son “Mûnshi” mais ça n’en faisait pas pour autant une pionnière à l’avant-garde de la lutte pour l’égalité raciale et la tolérance. Bertie, le futur Edouard VII, n’était pas le chef de la cabale des réactionnaires de l’establishment britannique mais un type plutôt ouvert d’esprit compte tenu de l’époque : s’il a effectivement détruit le plus de traces possibles des liens entre Victoria et Kareem par crainte du scandale, il a laissé le serviteur venir se recueillir en privé devant le corps de la reine au mépris de toutes les règles en vigueur. Enfin, Kareem lui-même n’est pas le beau prince indien, sensible et poète, que le film décrit mais un homme que des témoignages croisés et contradictoires n’en décrivent pas moins comme un arriviste arrogant et imbu de ses prérogatives (ce en quoi il ne différait en rien du reste de l’aristocratie britannique). Dommage, le film est vraiment sympathique en tant que tel...mais j’ai vraiment du mal à accepter le fait qu’on truande l’Histoire pour servir l’histoire, a fortiori dans le cas d’une production européenne et de faits pour lesquels les preuves et les témoignages abondent.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Confidentroyal2017bfr bluray

Hirune Hime : Rêves Éveillés (Publié le 12/10/2018)

Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Sorti des productions célébrées de Miyazaki, Takahata ou Mamoru Hosoda, le cinéma japonais d’animation livre aussi des productions plus standardisées, au visuel soigné mais au scénario paresseux, qui doivent pourtant à leur vaste succès commercial dans l’archipel le droit de tenter leur chance en Europe et aux USA. Ces ‘Rêves éveillés’ reposent ainsi sur un concept souvent usité, dans ses diverses variantes, dans l’animation qu’elle soit japonaise ou occidentale : les deux mondes dont les réalités respectives deviennent de plus en plus perméables au fur et à mesure que le récit progresse. Ici, c’est une adolescente, prise dans la tourmente du vol par son père d’une tablette contenant des informations stratégiques pour l’industrie automobile nippone, qui se réfugie dans ses rêves : au spectateur de tenter de relier les événements de la réalité à leur réinterprétation dans le subconscient de la jeune fille. Visuellement réussi, sans forcément dégager une personnalité qui lui soit propre (même le monde onirique ne fait que reprendre une architecture Steampunk-fantasy consensuelle), ‘Hirune hime’ s’empêtre dans des tendances thématiques contradictoires : à mélanger, entre autres choses, le polar économique, la science-fiction, les personnages kawaï et le drama lycéen, la volonté scénaristique initiale en devient totalement illisible, sans que ces éléments antinomiques parviennent à créer quelque chose d’inédit, et le récit, malgré quelques envolées intéressantes, finit par retomber sur des rails un peu trop plan-plan et convenus. Au moins ‘Hirune hime’ offre-t-il un aperçu quasi exhaustif des obsessions de l’animation japonaise, du rapport ambivalent à la technologie au vieux fond panthéiste qui subsiste dans la psyché nationale, des robots mecha géants aux kaiju eiga, et des non-dits familiaux aux rapports platoniques entre lycéens.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Hirunehime2017bfr dvd

Mary et la Fleur de la sorcière (Publié le 12/10/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : Feu d’artifice inaugural pour les studios Ponoc, héritiers les plus directs de Ghibli puisque fondés par d’anciens animateurs et réalisateurs autrefois sous les ordres de Myazaki et Takahata, et qui semblent plus que jamais inspirés par la littérature britannique pour enfants du milieu du 20ème siècle. L’analogie la plus évidente à établir, avec ‘Kiki la petite sorcière’ ou même avec la saga Harry Potter en raison de la présence d’une école de magie, est sans objet puisque le roman de Mary Stewart dont il s’inspire, ‘The little broomstick’, a été écrit à la fin des années 60. En revanche, à tous les autres niveaux, on se retrouve très clairement en terrain familier : le mélange de Fantasy et de haute technologie, le vol (fut-il sur un balais), la possibilité d’habiter dans le ciel, la nature verdoyante et enchanteresse, curieux mélange de ruralité anglaise et d’éléments nippons, les animaux qui ressemblent à ceux de ‘Princesse Mononoke’, les créatures magiques qui semblent tirées de ‘Ponyo sur la falaise’ ou du ‘Voyage de Chihiro’, l’empowerment de la petite Mary, complexée par sa chevelure rousse et sa maladresse, qui finira par se muer en héroïne courageuse,...à ce stade, on n’est plus dans l’influence ou l’hommage mais dans le vol de données ! Les couleurs et la bande sonore participent à ce sentiment de familiarité et malgré une personnalité moins marquée et de moindres aptitudes à aller à l’essentiel que Miyazaki, Yonebayashi livre tout de même des visuels d’une grande beauté, qui fourmillent de détails et de nuances, à l’image du ‘Arriety et le petit monde des chapardeurs’ qu’il avait réalisé pour le compte de Ghibli. Quant à l’histoire de Mary et de cette fleur de sorcière, elle est plaisante, pleine de fantaisie et adaptée aux enfants dès 5 ou 6 ans...mais obéissant à la même élasticité narrative que les productions Ghibli, elle n’atteint pas encore cet incroyable degré de poésie qui faisait que Totoro ou Ponyo “racontaient” des sensations avant de raconter une histoire. En tout cas, techniquement, Ponoc semble déjà plus qu’au point : il ne lui reste qu’à développer sa propre personnalité, au lieu d’acharner à ressusciter un esprit trop indissociablement lié celui de ses deux fondateurs pour que cela puisse fonctionner correctement.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Maryetlafleurdelasorciere2017bfr dvd

Les Gardiens de la Galaxie 2 (Publié le 08/10/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa critique : La franchise tirée d’un Comic la moins susceptible de cartonner (car la moins connue, la plus improbable, la plus sujette à la faute de goût entre les mains d’un maladroit…) est devenu le plus beau fleuron de l’écurie Marvel : un modèle de ce que les films de superhéros, ces nouveaux champions du cinéma populaire, devraient être pour séduire au-delà de leur public habituel. A l’usage, il semble que faire rentrer dans le “Système” un réalisateur, James Gunn, qui a effectué ses classes au sein de la Troma team était une idée plus futée qu’il n’y parait, tant il apparaît illusoire d’espérer réduire et normaliser totalement les fortes têtes de ce genre, qui gagnent pourtant à être cadrées sans excès. Alors oui, forcément, par rapport au premier épisode, l’effet de surprise est moindre, et on retrouve tous les héros dans les rôles et positions attendues, du héros maladroit et pusillanime au grosbill involontairement drôle, en passant par l’élément mignon incarné par un Groot redevenu arbrisseau. James Gunn donne également un rôle plus important à certains personnages secondaires, sans rien perdre de sa capacité à offrir à chaque membre de l’équipe la place et l’exposition qu’il mérite. On pourrait juger que le scénario n’est pas d’une originalité foudroyante : à l’instar d’une grande partie des films de super-héros et des space-opéras, il est ici question de famille et plus spécifiquement, de l’opposition de la famille de coeur et de la famille de sang, même si cette dernière s’incarne ici d’une manière très particulière ! A posteriori, on constate que ‘Les gardiens de la galaxie 2’ n’installait aucune pièce scénaristique indispensable en vue du grand puzzle ‘Infinity wars’ mais le brio avec lequel il orchestre les scènes d’action et les relations entre un grand nombre de personnages donne malgré tout l’impression d’une vaste répétition générale. N’oublions qu’on jauge en général la valeur d’un film de superhéros sur base de facteurs aussi dépourvus de noblesse intrinsèque que la puissance visuelle, l’originalité des scènes d’action, le charisme des héros et de leurs ennemis et leur capacité à renouer avec les punchlines les plus efficaces des Comics... ce qui n’empêche même pas ces ‘Gardiens de la galaxie 2’, raisonnablement marrants, de parvenir en une occasion à se montrer authentiquement émouvant, là où tant de leurs congénères se révèlent inaptes à la vanne et ne parviennent, dans le meilleur des cas, qu’à accoucher d’un ton affreusement lénifiant. ‘Les gardiens de la galaxie 2’ réussissent donc brillamment là où ‘Suicide squad’ avait lamentablement échoué, où les deux derniers ‘Star trek’ étaient à la peine, et où les nouveaux ‘Star wars’ numérotés s’engluent dans un premier degré vaguement ridicule et de l’humour de cour de récréation. Reste que James Gunn a été récemment viré par ses nouveaux maîtres après l’exhumation d’une série de vieux tweets résumant son goût pour les blagues de cul pédophiles (chez un ancien de chez Troma ? Sans blague…). Profitez donc bien de cet excellent second épisode car le troisième risque de ressembler à l’image que Disney veut projeter de lui-même : ennuyeux, conformiste et neuneu.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Lesgardiensdelagalaxie2bfr bluray3d

Baby Driver (Publié le 08/10/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-halfStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : La plupart des réalisateurs qui ont une histoire en tête s’efforcent par après de trouver la musique idéale pour l’illustrer de la meilleure façon possible.. Pour ‘Baby driver’, c’est le contraire : il semble qu’Edgar Wright avait déjà une playlist bien établie à l’esprit, qui virevolte des Damned à T.Rex en passant par Queen et Focus, et se soit ensuite attelé à l’élaboration d’un film qui collerait parfaitement à son juke-box mental. Et donc, ce qu’il en a tiré, c’est un classique film de braquage, avec des gangsters aussi crapuleux et adeptes des taglines qui claquent qu’ils peuvent l’être dans les Comics (ou chez Guy Ritchie) un commanditaire à la bonhomie reptilienne et, surtout, le petit prodige du volant qui leur sert de chauffeur et n’enlève jamais les écouteurs de ses oreilles lorsqu’il est en mission. La séquence d’ouverture, une poursuite autoroutière trépidante au sortir de l’attaque d’une banque, possède tout ce qu’il faut pour devenir un véritable mètre-étalon du genre, et impose ‘Baby driver’ comme une sorte de version pop et Bubblegum de ‘Drive’. Ironiquement, c’est quand il s’efforce d’aller au-delà de ce statut de divertissement motorisé décérébré que ‘Baby driver’ se prend les pieds dans le tapis. C’est d’ailleurs un peu bizarre, quand on y pense : on trouve toujours plein de raisons de se plaindre quand un film s’avère incapable d’élaborer un contexte, d’assigner des finalités, d’épaissir ses personnages...et c’est exactement contre cette situation que le scénario de ‘Baby driver’ s’efforce de lutter puisqu’il développe le lien mémoriel fort que Baby entretient avec sa mère disparue, les raisons qui le poussent à écouter son Ipod en permanence, sa relation avec le vieil homme sourd-muet, témoin contrarié de sa double-vie, qui l’a recueilli ou avec la jolie serveuse avec qui il rêve de filer vers l’Ouest. Tous ces éléments, pourtant pas plus mal conçus qu’ailleurs, ne suscitent pas vraiment d’intérêt et en viennent même à provoquer un début d’irritation, tant ils donnent l’impression de tirer inutilement en longueur, sans rien apporter d’essentiel, alors qu’on piaffe d’impatience pour un peu d’action sur quatre roues. Peut-être que c’est justement cette dégaine de vidéo-clip géant, de film conçu autour d’une sélection musicale avec laquelle il noue un dialogue rythmique permanent, de road-movie tout juste pubère dans lequel on recherche une atmosphère et un état d’esprit bien plus qu’une histoire, qui induit ce ressenti paradoxal. ‘Drive’ souffrait à l’occasion du même problème mais crépusculaire et autrement plus charismatique, le phénomène passait inaperçu. Même remarque avec les films de Tarantino, desquels on pourrait également rapprocher ‘Baby driver’ de temps à autre. Et puis, quand je lis qu’il a été considéré en 2017 comme le “le film le plus cool de l’été’, je me dis aussi qu’en fait, je suis peut-être juste trop vieux pour comprendre.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Thedriver2017buk bluray

L'Expérience Interdite (Publié le 01/10/2018)

Star-onStar-onStar-halfStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-offStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Voilà tout à fait l’exemple du mauvais remake entrepris pour de mauvaises raisons, confié au mauvais réalisateur et qui accouchent d’un produit blanc, sans point de vue, sans charisme, sans intérêt. J’ai beau n’avoir que des souvenirs assez fragmentaires du film de 1990, ils me semblent plutôt positifs : évidemment, je n’avais que dix ans à l’époque, l’idée de voyager dans l’au-delà était un trip absolu, et le côté expérience illégale dans un sombre hangar, façon Frankenstein des temps modernes, suscitait une excitation totale...mais je crois que même si je revisionnais l’ancêtre aujourd’hui, il me plairait sûrement davantage que cette sinistre version aseptisée qui reflète parfaitement l’époque où elle a eu le mauvais goût de sortir. Cette fois, si leur labo se situe dans les niveaux désaffectés de l’hôpital où les protagonistes font leur internat, la salle d’op est toute blanche, stérile et immaculée, ce qui élimine toute impression de danger et ôte toute possibilité que ces étudiants, de toute façon déplaisants et sans personnalité distinctive, passent pour des francs-tireurs décidés à repousser les limites de la connaissance comme dans l’ancienne version. Malgré tout, la trame suit bon gré mal gré celle du film de Joel Schumacher, les petites escapades dans le néant réveillant traumatismes et culpabilité enfouie chez les thanatonautes improvisés, mais Oplev réduit leur travail de résilience à sa portion congrue et, apparemment décidé à ne pas laisser la moindre chance à son film accumule les jump-scares aussi inutiles qu’inefficaces comme dans n’importe quel film d’horreur bas-de-gamme. Il faut dire que ‘Flatliners’ est une production Blumhouse : une production Blumhouse friquée mais une production Blumhouse quand même, dont seule l’originalité du thème aurait pu être saluée si elle s’était incarnée dans un autre chose qu’un remake maladroit et dispensable.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Flatliners2017bfr dvd

Fahrenheit 451 (Publié le 01/10/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-halfStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : L’adaptation de la dystopie de Ray Bradbury est peut-être le film de François Truffaut le plus connu du grand-public - et le plus célèbre au niveau internationale - alors que le réalisateur, miné par un tournage dans une langue qu’il maîtrisait mal, par les relations conflictuelles avec son acteur principal et par l’impossibilité de réaliser précisément le film qu’il avait en tête, l’avait plus ou moins renié. Passé l’introduction, expliquée oralement d’une voix monocorde puisque plus personne ne sait lire dans cet univers, on retrouve assez peu d’idées de mise en scène audacieuses durant tout ce qui suivra. Tout le monde connaît aujourd’hui le concept de cette société de consommation amorphe dans laquelle les livres ont été interdits et les pompiers, chargés d’éliminer par le feu ces objets subversifs, 451 degrés Fahrenheit étant la température de combustion du papier. L’élément déclencheur du récit survient le jour où le pompier Montag, qui vivait jusque là sa morne existence sans se poser de questions, prend le risque de l’illégalité en ouvrant un livre. Peu intéressé par la science-fiction en tant que telle, Truffaut considérait “Fahrenheit” avant tout comme une fable qui délivrait un message fort : un vibrant plaidoyer en faveur de la lecture, certes (si, comme moi, vous êtes bibliothécaire, le roman a même dû vous être présenté au cours de vos études comme une sorte de Petit Livre Rouge ou de mythe fondateur du métier) mais aussi une charge virulente contre l’autoritarisme “bienveillant”, celui qui sous couvert d’apporter confort et sécurité à ses concitoyens, les prive de la possibilité la plus élémentaire de réfléchir et d’ouvrir leurs esprits. Cette réflexion reste encore aujourd’hui le principal atout du film qui, s’il se perd parfois en explications trop théoriques, reste très intéressant à suivre. En bon cinéaste de la Nouvelle Vague, Truffaut ne goûtait que fort peu l’imaginaire lié à la science-fiction futuriste et, en dehors des brèves images de la traque de Montag par ses collègues aux commandes de curieux jetpacks à hélices, l’environnement visuel reste strictement réaliste et contemporain de son époque. Cependant, avec le recul, la modernité architecturale et décorative telle qu’on l’imaginait dans les années 60 a si mal vieilli qu’elle cristallise la morosité déprimante qui sied à l’univers de Fahrenheit. On s’amusera aussi de ces quelques éléments anecdotiques sur lesquels le scénario avait vu juste sans le savoir, comme les écrans plats géants et la fascination pour la téléréalité.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Fahrenheit451bfr dvd

Au Revoir Là-Haut (Publié le 24/09/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-onStar-half

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-onStar-on

Sa critique : C’est la première fois depuis bien longtemps que j’observe une organisme modèle naître au sein du du cinéma français, quelque chose qui ne soit ni trop élitiste ni trop blaireau, quelque chose qui puisse à la fois séduire les critiques (quitte à ce que ce soit avec les réserves de rigueur), convaincre le public sans le prendre pour un demeuré et s’exporter à l’international tout en traitant d’un sujet profondément français et en n’oubliant jamais que pour l’écrasante majorité du monde connu, un bon film, c’est avant tout une bonne histoire. Parce que bon, franchement, pour l’instant, les grosses productions françaises sont soit des Bessonneries décérébrées qui font simplement du blockbuster hollywoodien en moins bon, soit des comédies lourdaudes et friquées soit des adaptations de BD foireuses qui ne s’exportent pas...et c’est souvent dans les recoins peu fréquentés de la comédie dramatique qu’on écope des meilleures surprises : autant dire que pas grand monde n’en entend parler ! Revenons-en à ce ‘Au revoir là-haut’, que je ne suis pas loin de qualifier d’oeuvre “universelle” en ce sens que son rythme, son scénario, sa mise en scène, son ambiance me semblent à même de séduire un Américain autant qu’un Brésilien, un Russe ou un Chinois et qu’il balaie la plupart des principaux genres cinématographiques de sorte que fans de comédie, amateurs de drames et passionnés de films historiques n’y verront sans doute pas le même chose mais en tireront le même niveau de satisfaction. Revenons-en au film proprement dit, qui s’attarde effectivement sur des faits historiques d’une indéniable gravité : la souffrance et l’impossible réinsertion sociale des gueules-cassées, défigurées par la guerre et les balbutiements de la chirurgie réparatrice et les arnaques au patriotisme qui prirent place dans les immédiates années d’après-guerre, qu’on découvre ici sous la forme de rapatriements de cercueils remplis de cailloux ou d’Allemands auprès de familles françaises éplorées (véridique!) ou de vente de monuments aux morts qui ne seront jamais construits (inventé par Pierre Lemaître pour les besoins de son bouquin, prix Goncourt 2015). Et pourtant, ‘Au revoir là-haut’ ne s’arrête certainement pas à cet aspect mémoriel : on y trouve tellement d’autres choses qu’on peut aisément comparer la séance à un livre, qui vous ouvre potentiellement toutes les portes d’assimilation et de ressenti de son contenu et vous laisse choisir laquelle vous préférez emprunter. C’est un film qui dénonce : la guerre, les profiteurs de guerre et les autorités plus efficaces pour honorer les morts que pour tendre la main aux survivants, à laquelle Dupontel parvient à donner une coloration actuelle implicite. C’est un film qui émeut, avec ce mélodrame familial qui vous saisit à la gorge sans crier gare. C’est une galerie de personnages inoubliables : des salopards hauts-en-couleur - Lafitte est décidément né pour jouer les ordures! - , des honnêtes qui marchandent leur morale, des innocentes qu’on bafoue, des froids et des cyniques qui se fissurent. Et puis, malgré tout ce qui pourrait laisser penser le contraire, c’est un film souvent drôle, qui déborde d’humour noir avec cette arnaque peut-être trop ambitieuse pour ses instigateurs, ses remarques vachardes, son ton pince sans-rire et ses personnages aux réactions presque cartoonesques. Avec ‘Au revoir là-haut’, Dupontel sonne juste, tombe juste, filme juste : s’il n’est plus le punk qu’il était à l’époque de ‘Bernie’ et ‘Enfermés dehors’, s’il tente de s’imposer comme quelqu’un qui vise un certain mainstream en s’efforçant de ne pas être accusé de simplisme, c’est aussi un réalisateur qui estime que tourner ne se limite à planter une caméra dans un coin et à laisser les acteurs assumer tout le reste. Il y a des choses à filmer et il les filme, quitte à user d’effets et de mouvements de caméra tape-à-l’oeil que les plus snobs ne manqueront pas de taxer de cache-misère. Ces artifices n’en constituent pas moins un des grands atouts du film, capable d’inclure le spectateur très rapidement dans un Paris des années folles qu’on voit pourtant fort peu, alors que la sobriété aride de tant de productions historiques hexagonales se muent d’ordinaire en faiblesses impardonnables dès lors que les acteurs ou l’histoire ne convainquent plus totalement (et soyons réalistes, c’est presque toujours le cas). Ce soin apporté à l’aspect plastique du film se mesure aussi aux décors, aux objets, aux costumes qui ne se limitent pas à singer la précision et à la rigueur britannique ou la luxuriance hollywoodienne, mais y adjoignent une bonne couche de poésie et de fantaisie, qui évoque autant le Guillermo del Toro des débuts que Terry Gilliam : tout cela fait que Dupontel, même assagi, reste un phénomène atypique au sein du cinéma hexagonal. Bref, ravissement esthétique, montagnes russes émotionnelles, musculation à zygomatiques, tout en restant simple et accessible, ‘Au revoir là haut’ est sans conteste l’un des meilleurs films français de ces dernières années et constitue, même s’il doit beaucoup à la personnalité de son auteur, un modèle à suivre pour un cinéma autrefois universel et universellement apprécié mais qui a tendance à se replier de plus en plus sur son pré-carré et les recettes éprouvées et courtermistes.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Aurevoirlahaut2017bfr dvd