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Mon Ange (Publié le 20/02/2018)

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Sa critique : C’est Jaco van Dormael qui produit le film de son ancien collaborateur, et on y retrouve un peu de son univers. C’est Thomas Gunzig qui en a écrit le scénario et on y retrouve aussi un peu du sien. ‘Mon ange’, c’est la romance au long cours d’un petit garçon invisible et d’une petite fille aveugle, qui grandiront sans jamais se perdre de vue (ce trait d’humour est strictement involontaire) ; de quelqu’un qui ne se sent exister que dans les yeux de celle qui ne le voit pas, et d’une autre qui souffre de ne pouvoir donner corps à son imaginaire, sans deviner que ce n’est pas son handicap qui pose problème. Afin d’accroître l’implication du spectateur, le film est tourné exclusivement en vue subjective du point de vue du garçon, un procédé dont l’utilisation dans le cadre d’une romance a tout de même pris un coup de vieux depuis ‘La femme défendue’ de Philippe Harel il y a 20 ans. ‘Mon ange’ s’envisageait sûrement comme une oeuvre tendre, fragile et diaphane, profonde et déchirante. Du point de vue du spectateur, si l’originalité du sujet et la facture visuelle convaincante font illusion quelques minutes, on en arrive rapidement au constat que ‘Mon ange’ se prend un peu trop au sérieux pour son propre bien. La joliesse de la photographie vire à la sophistication stérile et alors que le concept aurait pu déboucher sur une certaine légèreté, ce n’est même pas le cas durant la première partie du film, qui couvre l’enfance des protagonistes. A l’âge adulte, c’est encore pire : la gravité fiévreuse de ces échanges amoureux vire au ridicule, comme ces petits couples d’adolescents qui sont persuadés que l’histoire du monde n’avait jamais vu des sentiments de l’ampleur de ceux qu’ils éprouvent. Quitte à parler d’aveugles qui ne voient pas l’objet de leur affection, je préférais encore de la rom’com alimentaire à la ‘Un peu, beaucoup, aveuglément’, avec Clovis Cornillac et Mélanie Bernier.

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Paris Pieds Nus (Publié le 20/02/2018)

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Sa critique : Ils sont rares : je n’irai pas jusqu’à dire que cette rareté engendre des chefs d’oeuvre ni même que j’adhère totalement à leur vision du cinéma mais enfin, leur singularité et leur folie douce les rendent, d’une certaine manière, assez précieux. Si Dominique Abel et Fiona Gordon ont plus à voir avec le mime et les arts du cirque qu’avec le cinéma, ils sont, à ma connaissance, les seuls en France à tenter de faire vivre le slapstick. Ils faut dire qu’ils ont le physique pour : la grande échasse rousse et le pierrot ahuri et lunaire se retrouvent cette fois dans un Paris idéalisé à la recherche d’une vieille dame en fuite. Chassé-croisés millimétrés, quiproquos visuels, poésie absurde et émotions naïves : quelques scènes font effectivement preuve d’une magie évidente (je pense notamment au petit numéro de pieds dansants) et on apprécie l’hommage évident rendu aux comédies burlesques de l’ère du muet...mais pour qu’on soit totalement sous le charme, il aurait sans doute fallu que ces deux personnages parlent un peu moins..!

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Les Premiers, les Derniers (Publié le 20/02/2018)

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Sa critique : Deux chasseurs de primes traquent un couple en possession d’un smartphone contenant des éléments compromettants pour le commanditaire. On perd vite de vue cette objectif-McGuffin, à mesure que se multiplient les rencontres étranges : un cerf, un cadavre momifié abandonné dans un entrepôt ou un clochard nommé Jésus. Au fond, la mission, la finalité de tout ça, ça n’a pas beaucoup d’importance. D’ailleurs, on ne sait pas où ça se passe. Ni quand. Juste que le monde a l’air d’avoir connu des jours meilleurs. Sous couvert de cette idée qui se traduit, comme toujours avec lui, en road-movie initiatique, Bouli Lanners livre le fruit de ses méditations sur le genre humain. Les “Premiers”, ce seraient ces deux fugitifs, simples, enfantins, très amoureux. Les Derniers, ce sont les autres, dépressifs, angoissés, brutaux et cyniques. Ce qui les différencie ? Pas tant de choses, au final, juste la certitude, profondément ancrée chez les seconds, d’appartenir à une société qui a mal tourné. La fantaisie en berne, le sérieux en étendard sans que le surréalisme de certaines rencontres et situations prenne jamais le dessus, ‘Les premiers, les derniers’ m’a beaucoup moins séduit que ses réalisations précédentes: à vrai dire, on s’y ennuie un peu, et un peu trop rapidement, et même la tendance récurrente à s’approprier les codes du cinéma de genre promet plus que ce qu’elle a à offrir. Là où Bouli Lanners marque toujours des points sans difficultés, c’est dans son étonnante capacité à transcender la réalité de ce que sa caméra observe : si la Hesbaye ressemblait au Midwest dans ‘Eldorado’ et les Ardennes à une forêt enchantée dans ‘Les géants’, la plaine de Beauce, ses villages et ses axes de communication offre ici une illusion parfaite de région déliquescente en voie de pré-effondrement.

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Tamara : la Revanche d'une Ronde ! (Publié le 20/02/2018)

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Sa critique : Je ne nourrissais pas beaucoup d’espoirs envers ‘Tamara’, adaptation Live de la bande dessinée de Zidrou et Darasse : pas seulement parce la BD en question m’intéresse peu, pas uniquement parce que le niveau des adaptations de BD franco-belges oscille de toute façon entre le médiocre et l’imbuvable, mais surtout parce qu’il me semblait qu’on tenait là un nouvel exemple de film qui n’assumait que difficilement son projet de départ, au demeurant tout à fait louable. Pour mémoire, Tamara est une ado disgracieuse et complexée par son obésité. A l’écran, l’actrice envisagée pour jouer son rôle est tout juste “ronde” et plutôt mignonne. Edulcorer et lisser pour ne pas donner l’impression de se moquer ou risquer de dépasser les bornes dans un monde en état d’indignation perpétuelle? Il y a un peu de ça et ça m’énerve...même si, au final, les questions de poids n’occupent qu’une part restreinte d’un scénario qui ne fait que ressasser les éternels poncifs de la coming-of-age comedy : la famille recomposée, les amourettes, le bahut, les sorties, les cuites et la fumette et tous les colifichets habituels de l’ado mal dans sa peau. Mine de rien, si le ton reste celui d’une comédie familiale destinée au grand-public, en abordant en coin le phénomène du harcèlement on-line, ‘Tamara’ remplit sa petite mission d’utilité publique. Dans le même temps, le film ne cherche pas à faire rire à n’importe quel prix et s’efforce de rester plus ou moins crédible, notamment en s’éloignant des codes visuels de la bande dessinée (ce à quoi la plupart des adaptations échouent totalement) : sans leur être tout à fait équivalentes, ‘Tamara’ n’a donc pas trop à rougir face à des comédies sur l’adolescence en provenance d’auteurs plus respectés, comme ‘Les beaux gosses’ ou ‘Le nouveau’...

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Cro Man (Publié le 20/02/2018)

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Sa critique : Difficile de ne pas éprouver de la sympathie pour les productions Aardman, dernier village gaulois défendant le stop-motion à base de pâte à modeler face à la toute-puissance des effets numériques, et spécifiquement pour Nick Park qui a signé les plus beaux fleurons du studio. Ceci dit, même les meilleurs peuvent avoir un petit coup de mou, et ‘Cro-man’ ne fera sans doute pas date dans l’histoire du studio, en tout cas pas plus que ‘Souris city’, ‘Opération noël’ ou ‘Les pirates’. Fidèle à une longue tradition de non-sens british, ‘Cro-man’ démarre du postulat que les hommes des cavernes ont inventé le football. Une fois de plus, on saluera l’impressionnant travail d’animation de ces figurines et de ces décors en pâte à modeler, la parfaite maîtrise du timing humoristique propre aux cartoons d’autrefois et ce sens inné de la fantaisie poétique qui fait tellement défaut à la plupart des productions américaines, trop concentrées sur l’efficacité et la stimulation permanente du petit spectateur. Non, ce qui coince (un peu) cette fois-ci, en ce qui me concerne tout du moins, c’est le choix d’un sujet un peu trop spécifique : si vous n’aimez pas le foot ou ne vous y intéressez pas suffisamment pour saisir les nombreuses clins d’oeil anachroniques qui figurent dans le scénario, il se peut que l’ensemble vous lasse un peu, à un moment où à un autre. Dans le même ordre d’idée, la satire (du milieu sportif, des sphères de pouvoir,...) n’est pas aussi approfondie que dans les précédentes réalisations de Nick Park. Ce gentil délire footballistique et préhistorique tiendrait donc d’une sorte récréation sans prétentions, et son souvenir n’est sans doute pas voué à être gravé dans le marbre...ce qui n’implique pas qu’il faille bouder son plaisir pour autant : une oeuvre mineure de chez Aardman vaut tout de même mieux qu’une grande partie de la production alimentaire des autres studios.

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Jackie (Publié le 12/02/2018)

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Sa critique : Comme Meryl Streep avec Maggie Thatcher, comme Nicole Kidman avec Grace de Monaco, le rôle de Jackie Kennedy fut, pour Natalie Portman, un marche-pied vers la nomination aux oscars, et si le mimétisme physique est ici moins évident, l’interprétation, bien aidée par une luxueuse reconstitution, un usage avisé d’archives sonores et de procédés visuels d’époque et même l’emploi de l’accent new-yorkais huppé de Jackie, s’avère au-dessus de tout soupçons. Obéissant à un montage volontairement chaotique sensé figurer le trouble et la désorientation de la First lady dans les jours qui suivirent l’assassinat du président Kennedy, ce biopic n’échappe pourtant pas aux écueils propres à l’exercice, comme le fait de placer l’actrice dans les situations où elle peut pousser l’exercice d’incarnation à son paroxysme : le célèbre reportage télévisé où Jackie faisait visiter aux spectateurs américains une Maison Blanche décorée par ses soins, et la veuve tétanisée par la douleur suite à la mort brutale de son mari. La véritable Jackie Kennedy ayant toujours été une personnalité secrète et difficile à cerner, l’approche de la vérité, notamment dans les scènes où elle discute avec Robert Kennedy ou avec le prêtre chargé des funérailles de JFK, doit probablement beaucoup à l’imagination du scénariste. Le principal apport culturel de ce biopic qui, au delà de sa narration éclatée, se montre tout de même extrêmement balisé, est de dévoiler comment Jackie Kennedy, malgré les événements tragiques qu’elle venait de traverser (la perte de son bébé Patrick un mois avant l’assassinat de Dallas) eut l’intelligence et l’énergie de mettre en scène dans leurs moindre détails les funérailles et la communication autour de celles ci, jusqu’à transformer trois ans d’une présidence vaguement décriée en immortel instant de grâce américain.

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Ben-Hur (Publié le 12/02/2018)

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Sa critique : Tout de même, il fallait être un brin inconscient pour s’attaquer à un remake de ‘Ben-Hur’ : Non que le légendaire péplum de 1959 devait se voir interdit de toute tentative de réappropriation : après tout, il s’agissait déjà de l’adaptation d’un bouquin au départ, écrit par un certain Lewis Wallace en 1880 et plusieurs adaptations au cinéma existaient avant celle de William Wyler...mais quand on s’attaque à un monument pareil, il faut tout de même y mettre un minimum de formes. Or, ici, non seulement le budget n’est pas extrêmement élevé alors que n’importe quelle purge super-héroïque bénéficie de trois fois plus de moyens mais en plus, le boulot a été confié à Timur Bekmanbetov: le genre de type pas très subtil qui trouve qu’il y a trop de parlotte dans les films et qui ne sait pas focaliser sa caméra sur un point plus de cinq secondes d’affilée. Et donc, il simplifie autant qu’il peut, le Michael Bay des steppes : on ne compte plus les éléments qui sont hachés menu dans le nouveau scénario, les personnages qui passent à la trappe, les passages qui sautent au montage. C’est vrai, on ne devrait pas se livrer à de la comptabilité comparative mais enfin, là, on parle d’un classique que tout le monde a vu au moins une fois dans sa vie : qu’on le veuille ou non, la comparaison, même inconsciente, s’exerce automatiquement. Bien sûr, ces changements ne bouleversent pas la trame principale: il s’agit toujours de l’histoire de ce prince juif, trahi par son ami d’enfance romain, qui est envoyé aux galères, en réchappe miraculeusement, lave son honneur lors d’une course de chars et en profite pour rencontrer le Christ et se convertir...mais les lacunes et les ellipses rendent juste le film plus idiot et incohérent : participer à la course de char parce qu’on a sauvé un notable romain, qu’on a été adopté par lui, gracié par l’empereur et qu’on a acquis la citoyenneté, ça se tient. Sortir du désert alors que sa tête est mise à prix et défier son rival en roulant des mécaniques, c’est juste du cliché pseudo-héroïque de blockbuster décérébré qui n’a rien à faire dans un film comme Ben-Hur. Tous autant qu’ils sont, les acteurs sont transparents et même la course de chars, fleuron de l’antique version, ne suscite plus beaucoup d’enthousiasme. L’originale laissait un souvenir inoubliable justement parce qu’elle était entièrement tournée en prises de vue réelles, qu’on sentait tout le travail technique et logistique démesuré derrière...et parce qu’elle était passionnante, tout simplement : il s’agissait d’une de ces séquences de légende qu’on ne rencontre qu’une fois par décennie. Ici, le résultat, évidemment bourré d’images de synthèse, est plutôt laid, orchestré sans grande conviction, et se noie dans la masse des bouillies numériques qu’on oubliera instantanément, quelque part entre l’attaque d’une métropole par des Decepticons et une poursuite en surf dans les égouts avec les tortues ninja. S’il ne s’était pas trop mal débrouillé en gérant le portage de Comics décalés comme “Wanted” ou “Abraham Lincoln chasseur de vampires”, il manque à Bekmanbetov une qualité essentielle pour adapter un péplum mythique, tragique et imprégné de valeurs chrétiennes : un sens minimum de la dignité.

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Wonder Woman (Publié le 12/02/2018)

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Sa critique : Je ne croyais pas beaucoup à une résurrection cinématographique de Wonder Woman en 2017 et sa petite apparition dans ‘Batman V Superman’ m’avait tout juste convaincu qu’elle ferait un sidekick décent pour des surhommes déjà bien installés dans le paysage des productions super-héroïques. Il n’y a aucune misogynie de ma part dans ce jugement, juste une méfiance justifiée vis-à-vis des productions DC : comme beaucoup de personnages de cette écurie, l’Amazone en jupette semblait beaucoup trop ringarde pour intégrer un multiverse des années 2010...quoique divers précédents Marvel et DC (Captain America, Superman,...) avaient démontré que le côté hyper vintage de certains héros n’était pas forcément un obstacle à leur modernisation. Quant au souvenir nostalgique de Lynda Carter, nonobstant le kitsch farouche de la série culte, la magnifique Gal Gadot parvient miraculeusement à la faire oublier, tout en ayant bien davantage à offrir qu’un physique et un sourire éclatant. Quoi qu’il en soit, l’arrivée de Diana Prince dans l’univers impitoyable du blockbuster super-héroïque débute comme un péplum honorable, malgré des effets numériques trop voyants, et se poursuit comme un film de guerre relativement enthousiasmant (mais sujet aux mêmes réserves) : en pleine Première guerre mondiale, flanquée d’une escouade bigarrée, Wonder Woman doit affronter un général allemand belliciste en qui elle voit la réincarnation de sa némésis Arès. Le spectacle est d’un niveau honnête : faute d’offrir les scènes d’action les plus tonitruantes ou les plus lisibles qu’on ait observées dans le créneau des adaptations de Comics, ‘Wonder woman’ retrouve un peu du charme iconique désuet des vieux sérials d’autrefois. Difficile d’évoquer un tel personnage sans parler des enjeux qui gravitent autour d’elle, notamment sa stature de premier personnage féminin à tenir la vedette dans un film de super-héros. Pour être tout à fait exact, elle n’est pas tout à fait la “première”...mais la manière dont le personnage a été conçu, de même que l’ampleur des moyens dont dispose le film, sont sans commune mesure avec la fade ‘Elektra’ incarnée par Jennifer Garner en 2005 ou l’abominable ‘Catwoman’ massacrée par Pitof en 2004, qui aura même ruiné la carrière de Halle Berry. Ici, le script tente de faire évoluer Diana, figure de preux chevalier au féminin bloquée dans sa vision mythologique et naïve du monde qui l’entoure, en une figure qui s’adapte et passe de la foi aveugle à une lecture analytique et équilibrée du monde qui l’entoure. Les autres éléments tiennent malheureusement du banal gadget dont on fait les buzz : le fait que c’est la première fois qu’un projet d’une telle envergure financière est confiée à une réalisatrice n’a aucune incidence sur le résultat, d’autant plus qu’on sent l’influence visuelle de Zack Snyder aussi nettement que s’il l’avait tourné lui-même : Patty Jenkins, acclamée voici plus de quinze ans pour le polar d’auteur ‘Monster’ ne fait ici que suivre docilement le cahier des charges Marvel, comme l’aurait fait, du reste, n’importe quel réalisateur masculin...et, à l’exception de quelques scènes plus ou moins drôles (Diana Prince confrontée aux moeurs sociales du début du 20ème siècle), le film ne s’aventure pas à explorer la condition féminine et repasse prudemment par les étapes obligatoires de toute genèse super-héroïque (formation, apprentissage des responsabilités, trahison/déception, etc…). Quand même, sa première apparition dans son costume iconique, jaillissant d’une tranchée sous la mitraille ennemie, a ce qu’il faut pour devenir “iconique”, justement. Au final, ‘Wonder woman’ est un film de superhéros plutôt réussi mais trop générique, à rapprocher pour son atmosphère du ‘Captain America’ de Joe Johnston : il n’est donc pas interdit d’espérer que sa suite soit un peu plus relevée. A défaut d’être un chef d’oeuvre, ‘Wonder woman’ bénéficie, à l’instar de ‘Man of steel’ du meilleur traitement envisageable pour un personnage de cet acabit.

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Les Animaux Fantastiques (Publié le 12/02/2018)

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Sa critique : Mine de rien, cela fait déjà six ans que la franchise Harry Potter a tiré le rideau sur grand écran. Pour le spectateur, une franchise à succès remplaçant l’autre, d’autres rendez-vous annuels ont été pris...mais les studios ont mis ce délai à profit pour réfléchir au meilleur moyen de ressusciter la manne providentielle que représentaient les aventures du petit sorcier...et la solution miraculeuse a fini par se présenter d’elle-même : d’un ouvrage de référence fictif cité à quelques reprises à travers la saga littéraire, J.K. Rowling avait tiré un complément au Potterverse et quelques rentrées d’argent substantielles. On lui offrit d’en développer quelque chose spécifiquement pour le cinéma : le résultat tient d’une sorte d’épisode de la saga en costumes d’époque puisque l’action se déroule dans les années 20, autour des pérégrinations du mago-zoologiste Norbert Dragonneau, collectionneur et protecteur des créatures magiques les plus singulières. On ne peut évidemment comparer que ce qui est comparable : lorsque “Harry Potter à l’école des sorciers” pointa le bout de son nez en 2001, l’univers était déjà parfaitement connu des fans qui avaient dévoré les quatre premiers bouquins. Ici, tout reste encore à inventer...ce qui peut expliquer cette impression persistante d’un blockbuster lacunaire et superficiel, dont le scénario assez sommaire donne l’impression de n’exister que pour permettre de reconstituer ce New York des Années Folles, celui des clubs de jazz, des gangsters en trench-coat et de la prohibition, ainsi que le bestiaire fabuleux qui donne son titre au film. Peut-être le fait que les protagonistes soient ici des adultes, et pas des enfants progressivement confrontés à la dureté du monde joue-t-il également un rôle, en accroissant le niveau des attentes vis-à-vis d’un film qui ne cherche après tout qu’à reconquérir les fans de la première heure aujourd’hui quasiment trentenaires ? Quoiqu’il en soit, malgré quelques jolies scènes ici et là (spécialement dans le “zoo” à l’intérieur de la valise), il manque au résultat un peu de cette “magie” - c’est le cas de le dire! - qui faisait briller la saga Harry Potter, même dans ses opus les plus faiblards. Le spectacle est loin d’être déplaisant mais on a l’impression d’assister, une fois de plus, au déroulement sans surprises de l’éternel cahier des charges du film d’action/aventures contemporain. Comme tout épisode fondateur, celui-ci a la lourde tâche d’installer un tout nouveau cadre (les principes fondamentaux du Potterverse étant aujourd’hui bien connus) et de rallier le maximum de spectateurs à sa cause en un peu plus de deux heures : j’ai donc envie de me montrer indulgent : après tout, quelques éléments, en germe, semblent dignes d’intérêt, comme le portrait de cette Amérique (déjà) ultra sécuritaire, portée sur la religiosité fanatique et rendue paranoïaque par la crainte de la subversion intérieure, ou la personnalité même du héros, un intellectuel bienveillant mais parfois proche de l’autisme. On attendra donc les épisodes suivants pour déterminer si ce spin-off mérite d’être considéré à l’égal de son modèle, ou si J.K. Rowling a bassement succombé à l’envie de thésauriser sur son succès mondial, au risque d’entacher la bonne réputation dont elle jouissait jusqu’ici.

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Grave (Publié le 06/02/2018)

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Sa critique : Compte tenu du buzz cannois et des acclamations dithyrambiques autour du premier film de la débutante Julia Ducournau, je me méfiais un peu de ‘Grave’, craignant l’enthousiasme injustifié et la baudruche qui se dégonflerait en moins d’une demi-heure : les grands films d’horreur français ou belge sont rares ; en fait, ce serait carrément plus simple de dire qu’ils n’existent pas...et de toute façon, cette possible exception qui confirmerait la règle avait peu de chances d’impressionner l’outremangeur blasé que je suis, me disais-je. J’avais tout faux, ‘Grave’ est une réalisation remarquable, le travail de quelqu’un qui maîtrise aussi bien la grammaire du cinéma de genre que son histoire et ses références. Quant à son statut de “film d’horreur”, disons que c’est un peu plus compliqué que ça et qu’il vaut mieux éviter les réflexes taxonomique hâtifs. Certes, ‘Grave’ signe le retour (ou l’acte de naissance ?) du body-horror au sein du cinéma français, genre d’ordinaire plus prisé par le cinéma de genre anglo-saxon, allemand ou japonais...mais alors que ces derniers se sentent systématiquement obligés de faire évoluer leurs personnages dans un contexte glauque ou malsain (style morgue ou club SM), ‘Grave’ les prend à leur propre jeu en privilégiant un univers estudiantin ordinaire, ce qui rend la découverte de sa nature profonde par la jeune Justine d’autant plus dérangeante : qu’il s’agisse d’actes anodins (dissection d’un chien, grattage d’eczéma, baptême un peu trash d’étudiant-vétérinaire) ou plus étranges (vomissements de cheveux, premiers assauts de la pulsion cannibale), Julia Ducournau s’est fait plaisir et, dans ce vaste menu fétichiste, il est peu probable que vous ne trouviez rien qui puisse vous insuffler au minimum quelques frissons de répulsion. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la réalisatrice se montre très forte à ce petit jeu, de la même manière qu’elle excelle dans la facture formelle du film, clairement influencée par le giallo. ‘Grave’ n’est heureusement pas conçu uniquement pour choquer à grands renforts de débordements graphiques : il use de symbolique pour tenir un discours sur la jeunesse parfaitement acceptable: l’anthropophagie est à la fois déréglement corporel et expérimentation, ce qui est une caractéristique des années de jeunesse Autre leçon à retenir: grandir, c’est aussi détruire, comme le démontre la relation de Justine avec sa soeur aînée. Sexe et prédation, métaphore de la lignée familiale et trivialité de l’hémoglobine énergisante (Justine ne consomme pas pour survivre comme un vampire, mais parce que c’est bon comme une drogue) : contrairement à ce qu’aurait pu laisser croire le prisme “genresque”, ‘Grave’ fait preuve de plus de subtilité que nombre de films sur la fin de l’adolescence qui ne recourent pas à l’argument fantastique...en fait, ce mélange de sensibilité, de confusion des genres et des valeurs et de college-movie orgiaque et stylisé me rappelle certains films de Gregg Araki, sans doute le réalisateur le plus capable dans ce domaine. Après avoir forcé l’accès du cinéma français en passant par la porte de service désaffectée de sa production de genre, Julia Ducournau devra lutter pour rester fidèle à elle-même et ne pas laisser s’éteindre la personnalité flamboyante et libre qu’on devine derrière ce film atypique : il y va de l’avenir de tout un pan du cinéma français.

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