LES 2041 CRITIQUES DE Marc
user-thumb 5_pen_3_fr
Trier par :

Good Boys (Publié le 24/01/2020)

Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : Bien que les comédies de l’écurie Judd Appatow se soient attardées sur la plupart des jalons et des âges-charnière de l’existence, elles n’étaient jamais remontées plus loin que l’adolescence : effectivement, s’il n’est pas trop compliqué de faire cohabiter le concept de “bromance” avec des pré-pubères, pour le cul et la défonce, c’est un peu plus délicat. Pourtant, cette comédie signée et produite par certains de héritiers les plus évidents d’Appatow - Goldberg et Rogen, le duo de The Office - a décidé de courir le risque: à l’âge où on s’apprête à découvrir (en théorie) toutes ces choses, le petit trio de garnements de ‘Good boys’ oscille entre mauvaise compréhension et déni instinctif, jusqu’à confondre, par exemple, un collier de perles anales et un nunchaku. Une fois au fait de la manière dont ces éléments vont être traités, et j’estime personnellement que les scénaristes sont parvenus à contourner l’obstacle de manière assez futée, tous les éléments qui signalent une appartenance au Appatow-verse se retrouvent à leur place : des moments de pure folie, des références parfois un peu trop américaines pour être comprises sur le vif, aucune nostalgie déplacée (le récit est ancré dans l’époque actuelle), quelques longueurs, une VF qui ne passe pas top et un film qui, au-delà de sa grossièreté de surface, se veut plein de bienveillance vis-à-vis de ses personnages. Au final, il s’agit de l’histoire de gamins qui découvrent leurs premiers émois, leurs premières aspirations, éventuellement à contre-courant de la norme, et s’efforcent de les assumer comme ils peuvent. Parfois maladroit, parfois vraiment drôle, ‘Good boys’ souffre juste un peu de cette hésitation à choisir entre être une comédie coming-of-age pour pré-ados un peu osée, ou la même, version pour adulte, qui resterait alors un peu trop sage par rapport aux autres productions Appatow. Alors que cette position médiane about bien souvent à ne satisfaire personne, on peut toutefois concéder que pour une fois, tout le monde y trouvera, moyennement, son compte !

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Goodboy2019bfr dvd

Bumblebee (Publié le 24/01/2020)

Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : On croyait la franchise ‘Transformers’ morte et enterrée, après de multiples suites aux résultats commerciaux de moins en moins affolants et la mort de ses derniers fans suite à l’arrêt naturel de leurs fonctions cérébrales. On est donc un peu surpris de voir débarquer ce spin-off consacré au comic-relief de la bande de robots, Bumblebee, également prénommé ‘Voiture jaune’” pour ceux qui ont du mal avec les noms. En apparence, il n’y a pas énormément de changements entre ce spin-off et l’un des quatre films qui l’ont précédé : il est toujours question d’Autobots planqués sur terre, de Decepticons qui veulent les annihiler et de militaires humains qui, faute de comprendre à qui ils ont affaire, tirent dans le tas un peu au hasard. Signe des temps, l’insupportable Sam Witwicky a été remplacé par une jeune femme, Charlie Watson, qui plus est jouée par Hailee Steinfeld qui apporte donc une certaine profondeur à un personnage qui doit être esquissé en trois lignes d’explication en début de script (meuf+mécano+rebelle incomprise). Autre signe des temps, l’action se déroule en 1987 et on a donc droit à des bastons de robots géants dans un esprit “Stranger things”, à grands renforts de Blues jeans et de tubes New wave...ou devrais-je dire plutôt à des bastons de robots géants dans l’esprit du dessin animé à la gloire des jouets Hasbro qui passait à la TV voici bien longtemps. Bon, là, on parle de l’aspect cosmétique mais d’autres évolutions plus intéressantes sont à signaler : quelqu’un est parvenu à piquer sa caméra à Michael Bay et à la confier à Travis Knight, ancien directeur du studio d’animation Laika. Du coup, l’action devient LISIBLE, avec des plans qui excèdent, pour la première fois de l’histoire de la série, les trois secondes. Ensuite, ‘Bumblebee’ s’impose comme un divertissement bon enfant, familial, dépourvu des saillies beauf qui ont fait la renommée de la série-mère et qui parvient à rester en dessous des deux heures. Ca n’a l’air de rien mais en fait, c’est largement suffisant pour transformer un blockbuster épuisant, lourdaud et vaguement gênant en honnête divertissement Amblin-oriented…!

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Bumblebee20218bfr bluray

Playmobil : Le Film (Publié le 24/01/2020)

Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Sur le front du film d’animation, Playmobil arrive bien après Lego, avec très peu de chances de faire oublier son prédécesseur, dont le premier volet était d’un niveau si élevé que même sa détestable séquelle n’est pas parvenue à entacher sa réputation. Qualitativement, le nouveau venu ne s’en tire pourtant pas si mal, mais il s’agit du genre de production rigoureusement inoffensive dont on peut largement laisser la vision aux seuls enfants, faute d’y trouver de quoi satisfaire un appétit adulte. En surface, le boulot semble plutôt correct : ‘Playmobil’ est techniquement tout à fait convenable, présente un univers coloré et attrayant, des péripéties qui s’enchaînent à un bon rythme et une bonne dose de clins d’oeil référentiels. On peut cependant voir les choses sous un autre angle, et le résultat est tout de suite moins reluisant : les univers traversés sont beaucoup trop classiques (western, château fort, pirates,...), l’ensemble manque de la cohérence “géographique” des références de l’animation et s’apparente plutôt à une visite au pas-de-course dans les rayons d’un magasin de jouets, les traits d’humour sont simplistes, les émotions pré-fabriquées et le scénario ne s’écarte jamais des pires poncifs de l’animation pour enfants, avec le sempiternel schéma rupture/épreuves/réunion/ scrupuleusement respecté. Le plus décevant dans l’histoire, c’est surtout que les Playmobils, comme les Legos, sont supposés mettre l’imagination et la créativité au pouvoir et autoriser toutes les folies : c’était d’ailleurs le cas du premier film Lego, beaucoup moins de ce spécimen qui préfère rester frileusement en territoire rassurant : l’unique approche méta du concept se réduit à trente secondes à devoir dealer avec la rigidité bien connue des figurines Playmobil, avant de faire comme si de rien n’était pendant tout le reste de l’histoire. Fort de cette logique passe-partout, la recette aurait pu être adaptée sans difficulté et fournir un long-métrage à la gloire de n’importe quel gamme de jouets. Ultime clou au cercueil de cette production qui disposait pourtant d’un potentiel évident : très honnêtement, je crois qu’on aurait pu se passer des chansons débiles, surtout qu’elles sont à prendre strictement au premier degré…!

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Playmobilthemovie2019bfr dvd

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa critique : Fallait-il donner une suite à ‘Minuscule’ ? C’est un peu la question qu’on se pose pour chaque production d’animation mais dans ce cas précis, le défi délicat de transformer en long-métrage des capsules (muettes) de quelques minutes et l’excellence inattendue du résultat avait constitué une si heureuse surprise qu’il semblait dangereux de réitérer l’expérience. Pourtant, ‘Minuscule 2’ ne démérite pas : il est vrai qu’on peut raconter un nombre infini d’histoires dans ce petit univers. Là où le premier épisode se contentait de faire évoluer ses bestioles numériques dans des décors naturels, celui-ci accroît les interactions des insectes avec les humains (en prises de vue réelles) et déménage l’action en Guadeloupe, ce qui permet d’importer de nouveaux décors et un bestiaire inédit. Ceci dit, on pourrait justement se méfier, n’y voir que de simples ajouts opportunistes...et pourtant, les grands principes de ‘Minuscule’ ont été préservés : les insectes possèdent toujours leur gimmick sonore unique pour communiquer (bruit de motocyclette trafiquée pour les mouches, grondement de chien enragé pour les fourmis rouges, etc...) et malgré leur design très simple, on comprend toujours parfaitement ce qu’ils veulent, pensent ou ressentent. L’avantage de ‘Minuscule 2’, l’élément qui lui confère toute sa saveur, c’est qu’il n’est pas grandiose, qu’il n’est pas hilarant, ni trépidant, et qu’envisager du Bigger, larger, smarter n’aurait pas eu beaucoup de sens en ce qui le concerne. On aime ‘Minuscule’ parce qu’il est joliment minimaliste, discrètement drôle, finement maîtrisé lorsqu’il plie des codes cinématographiques universels à une réalité insectoïde miniature : par exemple, lorsqu’un voyage à bord d’un bâteau-jouet prend des airs de survival, quand les retrouvailles entre deux coléoptères sont émouvantes, ou lorsque la rencontre avec un peuple de chenilles urticantes fait basculer l’ensemble dans le Fantastique pur.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Minuscule2buk dvd

Le Grinch (Publié le 24/01/2020)

Star-onStar-onStar-halfStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : Il m’a toujours semblé que les adaptations des contes du Dr Seuss renfermaient quelque chose de spécifiquement “américain” dans leur ADN. Evidemment, il s’agit d’histoires pour enfants et elles leur sont sans aucune doute parfaitement adaptées (en tout cas, plus qu’à moi) mais elles possèdent un je-ne-sais--quoi dans le ton, le style, l’attitude ou la vision, qui ne me semble pas correspondre à ce que je peux attendre, à mon niveau d’adulte, d’un film d’animation. Qu’il s’agisse de ‘Horton’ ou du ‘Lorax’ pour ceux que j’ai regardés, peut-être suis-je simplement réfractaire à leur univers enfantin tout en rondeurs et en couleurs pastels, ou à leur message unidimensionnel validé par une quelconque association de promotion des valeurs familiales d’outre-Atlantique ? Pourtant, alors que c’est justement pour ces raisons que je n’ai jamais pris la peine de m’intéresser à la version Live du début des années 2000 avec Jim Carrey, cette nouvelle version du ‘Grinch’, produite par Illumination entertainment, parvient quand même à s’imposer comme un joli conte de noël pour public peu exigeant (pour enfants, quoi!) dont l’avalanche de bons sentiments est tempérée par une faconde cartoonesque jamais prise en défaut. Les gags sont parfois un peu faciles, le déroulement des opérations est fortement prévisible mais l’ensemble fonctionne bien et l’idée de la voix off qui lit quelques extraits du conte d’origine, de façon très littéraire, s’avère, contre toute attente, une excellente trouvaille...et pourtant, dieu sait que je ne suis pas amateurs de films de noël tout miel et tout sucre (quoique...après mon adhésion sans réserve à ‘Klaus’, il est peut-être temps que je revoie mon jugement). Comme je n’aime pas beaucoup concéder mon approbation envers quelque chose que j’avais décidé de ne pas aimer dès le départ, je souhaiterais quand même faire remarquer que par un million de petits détails, ‘Le Grinch’ donne vraiment l’impression d’être une version à poils verts et aux couleurs de noël de ‘Moi, moche et méchant’, du même studio. Mais bon, ce n’est pas comme si ça allait déranger les mioches !

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Thegrinch2018bfr bluray3d

Rémi sans Famille (Publié le 17/01/2020)

Star-onStar-onStar-onStar-halfStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : Tout le monde a un peu oublié le roman d’Hector Malot, de même que les antiques adaptations francophones à la télévision ou au cinéma. Seul subsiste encore le souvenir de la série animée japonaise de la fin des années 70, qui a porté le coup de grâce à une génération entière de petits spectateurs déjà traumatisés par la vision de ‘Demétan, la petite grenouille’. L’objectif de cette exhumation soudaine d’un vieux souvenir d’enfance est simple : si le cinéma hollywoodien est passé maître dans l’art d’aligner ce genre de mélodrames familiaux, truffés de bons sentiments, à faire pleurer sous les guirlandes durant les fêtes de fin d’année, il n’y a pas de raisons que le cinéma français, qui peut en outre compter sur un très riche patrimoine littéraire, en soit incapable. Pour rappel, “Sans famille”, c’est l’histoire d’un orphelin vendu à un saltimbanque itinérant, qui va vivre toutes sortes d’aventures à travers la France de la fin du 19ème siècle avant de retrouver ses véritables parents. Cette nouvelle adaptation, qui porte d’ailleurs le nom du dessin-animé plutôt que celui du roman, s’inscrit parfaitement dans toute cette tradition de l’épopée un brin passéiste, pétrie de classicisme et de régionalisme, dans laquelle on retrouve aussi des films comme ‘Belle et Sébastien’ ou ‘L’école buissonnière”, avec des paysages (et ici, des costumes) magnifiques. Cette nouvelle vision de ‘Sans famille’ n’est pas aussi misérabiliste que prévu : le scénario cherche à équilibrer les moments tragiques et ceux de découverte et d’émerveillement, et l’ambition du réalisateur Antoine Blossier était de donner un traitement “spielbergien” à ce classique poussiéreux : dans certains moments propices à l’effroi enfantin, comme la découverte que les Driscoll ne sont pas ses vrais parents, j’avoue que c’est assez réussi. Même si ces passages restent une denrée rare, il me semble qu’il se dégage une certaine volonté de rendre les choses plus modernes. Antoine Blossier est un néophyte en matière de portage à l’écran puisqu’il n’avait livré jusqu’ici qu’un thriller rural moyennement comestible et une teenage-comedy insupportable mais parfaitement adaptée à son public, mais il a conscience qu’une adaptation possède une vie propre et n’est pas seulement la transposition d’un écrit : c’est peut-être ce qui fait sa force et sa capacité à trouver un juste équilibre entre l’adaptation trop rapide où les événements se téléscopent et l’adaptation trop lente qui donne l’impression qu’il ne se passe rien. Par rapport aux néo-productions Qualité Française évoquées plus haut, la différence est faible, presque imperceptible, et pourtant suffisante pour que ‘Rémi sans famille’ puisse prétendre être autre chose qu’une oeuvre patrimoniale fossilisée.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Remisansfamille2018bfr dvd

Tueurs (Publié le 17/01/2020)

Star-onStar-onStar-halfStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Si les polars français, anglais ou italiens, possèdent une atmosphère qui leur est propre, il est plus difficile de faire la part des choses en ce qui concerne l’Europe du nord et le monde germanique, auquel se rattache généralement la Belgique dans ce domaine, et dont les codes varient peu d’un pays à l’autre. Très influencées par une des branches du polar américain, ces enquêtes peu portées sur l’action préfèrent tisonner sagement leur atmosphère crépusculaire, leurs témoins troubles et leur flics aux allégeances incertaines. La première surprise provient du fait qu’au lieu de se coller à la froideur et à la cérébralité suédoise, ‘Tueurs’ choisit d’assumer d’autres influences américaines, celles du film de braquage, son énergie, sa précision millimétrée, sa quête de l’image iconique. La seconde surprise, c’est qu’il y parvient incroyablement mieux que prévu, quand on connaît la propension belge à l’auto-sabordage et au souci de ne pas en faire trop : la scène dont il est question est maîtrisée de bout en bout, peut-être parce que le siège de réalisateur est occupé par un chef-op’ de films d’action et un braqueur rangé des voitures qui, d’autre part, parviennent à faire d’acteurs rarement vus dans le genre policier des personnages parfaitement crédibles et de Bruxelles une vraie métropole de Film Noir, nocturne et capiteuse. Un seul élément vient troubler ce constat enthousiaste, mais il est de taille : c’est que fondamentalement et majoritairement, ‘Tueurs’ n’est pas un film de braquage puisque la séquence en question ne dure qu’un petit quart d’heure. Il s’agit davantage d’un Thriller aux relents politiques dès lors le scénario rattache le casse à l’affaire des Tueurs du Brabant...mais ce dernier se montre lacunaire, superficiel et désordonné, on est loin de la minutie de la partie consacrée au braquage, et comme le film se termine sans qu’aucune des questions n’ait été résolue, on peut vraiment dire que ‘Tueurs’ s’arrête là où, pour bien faire, il aurait du commencer.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Tueurs2017bfr dvd

Heureux comme Lazzaro (Publié le 17/01/2020)

Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : Si un film parvient à m’étonner, dans le bon sens du terme, il a déjà parcouru la moitié du chemin pour me convaincre, et ‘Heureux comme Lazzaro’ est typiquement le genre de production qui me ravit par sa capacité à déjouer mes pré-conçus blasée par trop de films en demi-teinte : il s’agit d’une oeuvre profondément italienne dans sa manière d’épicer un naturalisme aride, quasi documentaire, d’une touche de magie et de surréalisme. J’aurais du mal à prétendre que ces injections rendent le résultat ‘passionnant” et pourtant, contre toute attente, ‘Heureux comme Lazzaro’ est parvenu à titiller ma curiosité de manière ininterrompue jusqu’à sa conclusion. Mieux vaut ne pas s’attacher outre mesure au récit, assez lâche, criblé de temps morts et d’ailleurs essentiellement descriptif. Des indices clairs suggèrent un contexte moderne et pourtant, les paysans crédules qui vivent dans le village de l’Inviolata semblent hors du temps, réduits au servage pour le compte de l’aristocratie locale et inconscients du monde qui les entoure. Pour un peu, on se croirait revenus au temps des premiers film de Yorghos Lanthimos (‘Canine’, surtout), qui faisaient de ce décalage entre croyance et réel le pivot central de leur proposition. Dans ce hameau isolé du monde, il y a Lazzaro, exploité par les siens comme ceux-ci sont exploités par leur suzerain, mais qui subit cette existence laborieuse sans déplaisir apparent. Lazzaro est une figure allégorique bien entendu, mais laquelle ? Le Christ, chargé du fardeau des souffrances du monde ? Saint Lazare, qui se verra donner une seconde chance? Ou Saint François d’Assise, qui bouleverse le monde par sa bonté et son innocence ? Le film imprime fortement cet aspect hagiographique, auquel on sera libre d’accoler ou non une lecture sociale...car Lazzaro ne peut rien et ne fait rien pour lutter contre l’injustice qui touche ses proches : la révolte n’est pas dans sa nature. Probablement est-il aussi passablement idiot, “Innocent du village” qui promène sur son village ubuesque un regard effaré mais qui ne juge jamais rien ni personne. Après la résurrection auquel on s’attend, le film s’enfonce dans une étrangeté qui frappe d’autant plus qu’elle est constamment tempérée par une approche qui rappelle une comédie sociale et noire d’Ettore Scola. Je suis sûr qu’il est possible de s’ennuyer, et même de bien s’ennuyer, en suivant cette histoire qui semble parfois ne pas savoir quel direction emprunter ni décider de ce qu’elle souhaite vraiment exprimer, particulièrement dans sa seconde partie mais, en ce qui me concerne au moins, l’attrait qu’a exercé cette atmosphère insaisissable, qui tire alternativement le spectateur du côté du réel et du côté de la fable féérique, a fini par dominer les faiblesses de cette proposition de cinéma inhabituelle.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Heureuxcommelazarro2018bfr dvd

All Inclusive (Publié le 17/01/2020)

Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-offStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Parmi les comédies populo sur les vacances, on avait bien bien entendu ‘Les bronzés’. Vingt cinq ans plus tard, on avait eu droit à ‘Camping’, qui témoignait déjà de la capacité de nuisance de Fabien Onteniente au sein du cinéma français. Le stade terminal de cette sous-variété de la comédie vient de surgir avec ‘All inclusive’, qui accumule les oeillades vulgaires aux deux ”références” précédentes, que ce soit dans les discussions passionnées sur le bon vieux temps entre Balasko et Lhermitte, ou dans le sempiternel rôle de gentil beauf parasite endossé par Dubosc. Existerait-il un “mulitiverse” de la comédie de plage franchouillarde ? On frémit rien qu’à y penser car pour le reste, c’est la débandade totale : dialogues à la ramasse, gags lamentables qui ne fonctionnent jamais, acteurs qui serrent les dents en attendant leur chèque...En fait, ‘All inclusive’ se rattache également à une sous-variante de la sous-variante : les navrantes comédies balnéaires de Max Pécas et consorts, avec beaucoup moins de ces plagistes déshabillées qui constituaient à l’époque l’unique intérêt de la chose. Bordel, je n’aurais jamais cru pouvoir considérer ‘Les bronzés’ comme un chef d’oeuvre, même par comparaison avec autre chose, mais il ne faut jamais douter de la capacité de la comédie TF1 Vidéo à creuser une fois qu’elle a touché le fond…

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Allinclusive2018bfr dvd

Tanguy, le Retour (Publié le 17/01/2020)

Star-onStar-offStar-offStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-offStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Encore plus que d’autres suites tardives du même acabit, ce ‘Tanguy 2’ (qui, à bien y regarder, serait plutôt un simple Tanguy 1 rebooté) s’adresse exclusivement à ceux qui avaient apprécié le premier film...ce qui fait quand même beaucoup de monde et a du constituer l’argument principal pour la mise en chantier d’une suite. Après tout, ce n’est pas un secret que depuis une bonne quinzaine d’années, Chatiliez est à la ramasse. En 2001, pour la dernière fois de sa carrière, il avait été le premier sur le coup pour parler et rire d’un phénomène social existant, celui des adulescents qui rechignent à quitter le cocon familial. A ce titre, de quoi pourrait bien parler Tanguy dix-huit ans plus tard ? Des gens qui retournent vivre chez leurs parents à la quarantaine, après un divorce ? Sauf que personne ne fait ça de gaieté de coeur et que les retours sont liés à des problèmes d’argent, ce qui n’est pas le cas de Tanguy. Ne reste donc que l’aspect potentiellement comique et grotesque de la situation. Le problème, c’est que cette suite rejoue intégralement la même partition, sans jamais chercher à amener quelque chose de neuf : les tics nerveux et les reflux gastriques de Sabine Azéma, le sourire carnassier de Dussollier, et leurs tentatives désespérées et pathétiques de faire décamper leur grand ahuri de fils, auxquelles il faut tout de même ajouter quelques gags communautaristes sur les Chinois, vu que ‘Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu’ est passé par là. Pure comédie de commande, ce retour parvient tout de même à arracher péniblement quelques sourires mais enfin, c’est là une simple question de complaisance avec la nostalgie : Le Pacte des loups ou Le journal de Bridget Jones y parviendraient tout aussi bien.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Tanguyleretour2019bfr dvd