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Dragons 3 : Le Monde Caché (Publié le 08/02/2019)

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Sa critique : Dragons 3 : le monde caché (How to train your dragon : the hidden world) de Dean DeBlois, avec les voix de Jay Baruchel, America Ferrara, Cate Blanchett (3D computer-animated action fantasy film, USA, 2019, 1h44)Si, au fil des années et des succès, Dreamworks a démontré qu’il pouvait à l’occasion tailler des croupières à Pixar...même si les mauvaises langues jugeront que c’est Pixar qui baisse et non Dreamworks qui monte ! En revanche, il est difficile de ne pas constater que la compagnie a la sale habitude de meubler les périodes de vache maigre avec des productions tout juste fonctionnelles (‘Baby boss’, ‘Les trolls’,...) et que dans le cadre de leurs franchises, ils réalisent toujours l’épisode de trop (‘Madagascar’, ‘Kung fu panda’,...). Aujourd’hui, on peut affirmer qu’il y a au moins une de leurs franchises pour sauver l’honneur et conjurer la malédiction, même si j’avoue que j’avais très peur pour ce troisième volet, systématiquement celui qui sombre dans la répétition et la facilité dans toutes les autres séries. Pas de panique, ‘Dragons 3’ tient largement la route : avec son nouvel antagoniste plus dragonophobe que jamais, le jeune Harold propulsé chef du village et qui doute, lui aussi plus que jamais, de ses capacités et Krokmou en pleine tempête hormonale depuis sa rencontre avec la dernière femelle de son espèce, il ne joue pas forcément la carte de l’originalité pour l’originalité et s’avère sans doute moins sombre et dramatique que le second volet (qui allait tout de même loin dans cette direction) mais il traite toutes ses contingences narratives avec intelligence, en n’oubliant jamais que son coeur de cible sont des enfants et des pré-ados, ménage quelques moments d’humour (pas toujours efficaces ceci dit, du moins quand il concerne les humains) et surtout, conserve l’incontestable panache qui a toujours été le sien lors des scènes d’action ou de voltige aérienne, ces dernières mettant pourtant moins l’accent sur la performance et plus sur la grâce des dragons et la beauté des paysages) Sans temps morts, sans fautes de goût notables, ‘Dragons 3’ n’a pas à rougir de la comparaison avec ses prédécesseurs et la probable conclusion finale apportée par cet épisode aux aventures des habitants de Beurk et de leurs dragons, il s’impose comme la meilleure trilogie jamais sortie des écuries Dreamworks. Il ne faudrait pas qu’un quatrième épisode monté pour raisons financières vienne ternir ce beau parcours sans faute : ce serait réellement dommage !

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La Planète des Singes: Suprématie (Publié le 08/02/2019)

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Sa critique : Avec le recul, le reboot de ‘La planète des singes’, entamé en 2011, devrait sans doute s’imposer comme la franchise à grand spectacle la plus atypique de cette décennie: moins remuante et plus réfléchie qu’un banal film de science-fiction ou de super-héros, inhabituellement sombre, même pour une époque peu portée à l’optimisme, elle prend également le risque de s’éloigner de la première volée d’adaptation des romans de Pierre Boulle, tournées durant les années 60 et 70, pour aborder la période charnière du passage de flambeau entre l’humanité et la “simianité” mais perçue du point de vue des singes. Après la prise de conscience et le refus de leur position subalterne, puis la rupture de la cohabitation fragile entre une espèce montante et une ancienne espèce dominante laminée par une pandémie, l’épisode final aborde assez logiquement les derniers feux du conflit pour la domination définitive de la planète, même si ce dernier semble géographiquement cantonné dans un petit coin du nord-ouest des Etats-unis. Tout d’abord, l’évolution technologique permettant de contrebalancer l’affaiblissement de l’effet de surprise, la série constitue plus que jamais la meilleure démonstration de Performance-capture dont son promoteur Andy Serkis puisse rêver, qui humanise de façon extraordinaire des singes sur les visages desquels on voit apparaître toute la diversité des émotions humaines...alors que dans le même temps, les humains à l’écran sont sujets à un processus d’ensauvagement, à la fois par un élément du scénario que je vous laisserai découvrir mais aussi parce qu’ils sont finalement perçus comme des adversaires indiscernables, menant une lutte forcenée pour la survie qui ne leur laisse guère d’espace pour exister en dehors du statut de combattant. ‘Suprématie’ pourrait sembler plus propice à la contemplation que ses deux prédécesseurs - du moins en apparence - même s’il s’ouvre sur un élément qui semble augurer d’un revenge-movie brutal. Il ne s’agit pas d’un film de bataille ou de guérilla comme pouvait l’être le second mais plutôt d’un film d’évasion, du moins dans sa seconde partie, la première pouvant s’apparenter à un western dans les paysages désolés des Grandes Plaines. C’est d’ailleurs l’une des grandes forces du film de pouvoir s’appuyer, de manière évidente mais sans emphase maladroite, sur un certain nombre de références historiques ou culturelles solides, disséminées ou présentes implicitement tout au long du récit. En dehors des références visibles au film de stalag et au western crépusculaire, ‘Suprématie’ adresse ouvertement des clins d’oeil à ‘Apocalypse now’, sans qu’on puisse l’accuser de jouer trop au-delà de ses capacités. D’autres références s’assurent que l’empathie du spectateur aille sans hésitations aux primates, l’humanité reproduisant avec eux ses pires crimes du temps passé, de la Shoah aux guerres indiennes en passant par l’esclavage. Quant à César, il s’incarne littéralement en figure biblique, curieux mélange du Christ et de Moïse, condamné à vivre une Passion avant de guider son peuple vers une terre promise. Ce messianisme, assez voyant, peut irriter, mais il donne lieu à des images fortes, globalisantes, qui ne limitent pas la portée du film à un cercle d’amateurs de science-fiction et devraient assurer à la série entière, qui a fait preuve d’une belle constance dans la qualité, un statut de futur classique, peut-être plus que la franchise d’origine, dont le premier épisode fut certes mémorable mais qui fut ensuite polluée par quelques navets indésirables..

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The Predator (Publié le 08/02/2019)

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Sa critique : Entre le Predator et moi, c’est une longue histoire d’amour. Bien sûr, sa première apparition au cinéma sous la direction de John McTiernan fut un chef d’oeuvre primal dont plus personne ne s’aviserait aujourd’hui de discuter la qualité...mais personnellement, j’ai quand même pas mal de sympathie pour le mal-aimé Predator 2 de Stephen Hopkins, et même pour le version de Nimrod Antal de 2010, qui font toutes deux partie de ces films objectivement pas terribles mais subjectivement formidables pour peu qu’on ait des affinités avec le concept : avec sa gueule de phacochère mal rasé et son armement dévastateur, le Predator reste pour moi un des plus formidables antagonistes de tout le cinéma de science-fiction ! En outre, l’idée que la nouvelle version soit signée Shane Black était carrément excitante : outre qu’il jouait dans le Predator fondateur, Shane Black, c’est quand même le type qui a écrit les deux premiers opus de ‘L’arme fatale” : peut-être pas un génie du récit classique mais quelqu’un qui sait brosser des personnages mémorables en quelques traits et trouver les réparties qui claquent le mieux. Résultat des courses, ‘The Predator’ est un film qui ne tient pas toutes ses promesses mais en tient plus ou moins certaines, et ce sont celles qui peuvent parfois faire la différence. Visuellement, cinématographiquement, Shane Black fait le boulot, ni plus ni moins : les scènes d’action sont correctes, le rythme est soutenu mais soyons francs, on a vu bien plus percutant et excitant ces derniers temps. ‘The Predator” est un film des années 2010, calculé, contradictoire car visiblement révisé de nombreuses fois, toujours hésitant à dépasser les bornes et qui semble au contraire désireux de demeurer dans une prévisibilité rassurante et qui ouvre son lot de pistes inédites au cas où le succès permettrait de programmer une franchise de quatre ou cinq films. C’est la touche Shane Black qui permet de contrebalancer ce tableau un peu morne, et cela commence par le choix des forces en présence. Si du côté Alien, Black pousse le bouchon un peu loin pour les motifs “franchisables” évoqués plus haut, il réussit un sans-faute du côté des humains : ceux qui vont se colleter avec le Predator ne sont pas des surhommes, mais une bande de soldats désaxés, en proie à toutes sortes de problèmes psychologiques, qui suscitent forcément plus de sympathie que des héros à la mâchoire carrée et au regard bovin. Forcément, entre des types pareils, les vannes plus ou moins drôles fusent, peut-être pas autant qu’à la grande époque mais nettement plus que ce qu’on peut espérer aujourd’hui. Aurait-il continué sur sa lancée que ‘The Predator’ serait devenu un authentique plaisir même pas coupable. Impératifs de production, perception de l’époque et du public, auto-censure ? Les années 2010 contaminent l’esprit années 80 et privent The Predator du statut de futur Classique qu’il semblait bien près de tutoyer : j’en veux pour preuve que Black ne parvient pas à faire surgir la moindre scène iconique, alors même que les exécrables ‘Alien vs Predator’ y étaient parvenus. La matière était là, le potentiel aussi, et le résultat n’est pas honteux, en tout cas plus rafraîchissant que beaucoup d’autres récentes réactualisations de classiques ...mais pour apprécier ‘The Predator’ pour ce qu’il est, mieux ne vaut ne pas s’attarder sur ce qu’il aurait pu être.

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Ghost in the Shell (Publié le 08/02/2019)

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Sa critique : Ce n’est jamais bon signe qu’un film commence à subir le feu nourri des critiques avant même qu’on en ait vu les premières images et ce, quelque soit la qualité effective du produit fini. De toute façon, on peut immédiatement balayer les ridicules accusations de white-washing puisque Scarlett Johansson a finalement l’air presque plus orientale que le Major Kusanagi de l’Anime : compte tenu de son passif filmique (I.A. désincarnée dans ‘Her’, Alien au sens métaphysique du terme appréhendant l’humanité à travers un corps d’emprunt dans ‘Under the skin’), le choix de faire appel à elle pour un tel rôle relève d’une certaine logique. En fin de compte, l’appréciation finale qu’on nourrira vis-à-vis de ce Ghost in the Shell hollywoodien dépendra énormément de la façon dont on appréhende le projet au départ : souhaite-on le considérer comme un blockbuster de science-fiction américain accessoirement adapté d’un Anime culte, ou au contraire comme la transposition d’un chef d’oeuvre de l’animation japonaise, prise en charge par un studios, des équipes et des acteurs américains ? Dans le premier cas, ‘Ghost in the Shell’ est un film plutôt correct et distrayant ; dans le second, un nid à controverses, à défauts structurels et à fanboys outragés. Examinons la première option : Ghost in the Shell ne fait foncièrement que ressasser les vieilles obsessions post-2001 relatives à la part qui prédomine au sein d’une symbiose entre l’homme et la machine et prend la mesure de la frontière de plus en plus théorique qui empêcherait un ensemble de processus mentaux, sensoriels et psychologiques artificiels - un “ghost” , quoi - structuré dans un corps mécanique, de faire partie intégrante de l’Humanité. Il le fait toutefois à sa manière mais dans un relatif respect de ce que ‘Ghost in the shell’ était à l’origine. Même s’il allège considérablement la réflexion de manière à se faire comprendre de tous, même du Kevin qui bave dans son popcorn au dernier rang, le résultat n’en reste pas moins notoirement moins idiot qu’une production Marvel. On notera que pas mal de critiques mettent en balance la nature novatrice du manga de Masamine Shirow et la facture assez conventionnelle de cette adaptation...en oubliant au passage que le manga remonte à 1989, que ce qui était novateur il y a 30 ans l’est nettement moins aujourd’hui, et que certains esprits chagrins auraient alors pu estimer que Shirow (comme tous les Japonais, si on se rappelle un peu du climat anti-nippon qui prévalait à l’époque) ne faisait finalement que copier et imiter grossièrement Kubrick et Arthur C.Clarke. La seule chose que cette démonstration par l’absurde prouve, c’est que pour ceux qui refusent d’accepter, alors qu’on a presque rejoint la temporalité du film, que Ghost in the Shell n’est plus aussi original et déstabilisant qu’il a pu l’être par le passé, il aurait mieux valu que cette adaptation survienne plus tôt. De toute façon, il faut éviter de s’accrocher à une notion intransigeante de la “fidélité” lorsqu’on aborde un travail d’adaptation : c’est valable en toute circonstances et spécialement ici. Rupert Sanders s’est montré capable de développer une esthétique propre au film, mais qui s’avère parfois un peu trop tape-à-l’oeil et vulgaire au regard d’un Anime qui n’avait rien de clinquant...sans compter que les effets numériques donnent parfois l’impression de n’être pas complètement aboutis. Surtout, la simplification de la plupart de ses éléments narratifs, et le fait qu’on comprenne tout sans efforts au lieu d’éprouver cette désorientation perplexe que suscitait l’adaptation animée de Mamoru Oshii (dont Rupert Sanders reproduit pourtant à l’identique nombre de scènes), a un impact sur la perception du résultat, qui perd quelques parcelles de son pouvoir de fascination : on a moins l’impression de regarder quelque chose de rare et unique, qui réclame des efforts et une réelle implication de la part du spectateur, on éprouve moins ce rythme syncopé et cette mélancolie sous-jacente tenace, ici oblitérées par l’obligation de tourner des scènes d’action musclées. Ces éléments ne font pas de ‘Ghost in the Shell’ un mauvais film mais quelque chose qui manque de spécificité, quelque chose de trop édulcoré, trop étudié pour rassembler habitués et néophytes, qui n’a pas la moindre chance de laisser une empreinte et d’exercer une influence comparables à celles de son modèle : un des blockbusters (moyennement) convaincants de 2017 qui deviendra, d’ici une dizaine d’années, un des blockbusters oubliés de 2017.

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Les Deux Orphelines Vampires (Publié le 01/02/2019)

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Sa critique : Deux jeunes orphelines aveugles sont recueillies par un vieux médecin même pas pervers : en réalité, leur handicap n’a cours que le jour car elles sont des vampires. Chaque nuit, elles quittent leur domicile d’adoption, traquent leurs proies animales et humaines, font des rencontres bizarres comme une louve-garou dans une gare de triage ou une succube aux larges ailes membraneuses dans un caveau du Père-Lachaise, et se dévergondent avec candeur en se déshabillant devant la fenêtre du bon docteur ou en se pochtronant au calva. Ca, c’est la base du film, mais aussi son contenu et sa conclusion, parce qu’il ne se passe pas grand chose d’autre durant les presque deux heures qu’il dure.. D’ailleurs, les deux orphelines vampires’ n’est même pas un film de vampires au sens strict, tout d’abord parce qu’un tel film réclame un minimum de moyens pour élaborer le décor et l’atmosphère adéquates mais surtout parce qu’il bat en brèche la totalité des codes relatifs au mythe jusqu’à semer le doute sur l’authenticité vampirique des deux jeunes femmes. Aucune trahison vis-à-vis d’une oeuvre quelconque toutefois, car Jean Rollin adapte ici un de ses propres romans, clin d’oeil à un célèbre mélodrame du 19ème siècle, et à ce qu’il paraît, il vaut encore mieux voir les films de Rollin que lire ses livres, dont acte. A mes yeux, ce cinéaste demeure toutefois un mystère à percer, une exception culturelle à lui tout seul, un peu comme Jean-Pierre Mocky, et c’est la raison pour laquelle je persiste dans mes escapades à travers une filmographie pléthorique qui me réserve heureusement encore de longues heures de stupéfaction navrée avant que j’en ai fait le tour : : je regarde les films de Jean Rollin non pas parce qu’ils sont bons - ils sont uniformément mauvais, personne ne peut prétendre le contraire - mais parce qu’ils reposent sur une alchimie spécifique et unique, qui implique qu’on ne puisse pas mettre l’intéressé sur le même plan que des Bernard Launois, Philippe Clair et autres bricoleurs de purges spécialistes du retour sur investissement. Rollin est quelqu’un qui possède une vision artistique affirmée et des références culturelles perceptibles, et toute sa filmographie témoigne d’une continuité logique : c’est un cinéaste pour qui le recours systématique à l’érotisme et au surnaturel ne sont sans doute que des véhicules commodes pour illustrer ses divagations poétiques et permettre le déploiement d’une logique narrative onirique qui s’abreuve au surréalisme, un peu comme s’il se prenait pour une sorte de Cocteau du pauvre (ce qu’il est peut-être, dans une certaine mesure ! ). Evidemment, on peut estimer qu’en pratique, cette vision artistique propre à Rollin n’aboutit qu’à un résultat atrocement ringard et disfonctionnel et que l’influence de sa culture littéraire n’a comme unique impact concret à l’écran que des dialogues pompeux et artificiels qui n’ont vraiment pas leur place dans un film. Il n’empêche que cette vision existe, qu’on le veuille ou non, et, partant de là, les films de Jean Rollin seraient à ranger dans une catégorie qu’ils occupent peut-être à eux seuls, celle des “Nanards d’auteur”, c’est à dire les films qui ne souffrent pas d’une absence de regard ou de point de vue sur le cinéma, mais bien d’une absence absolue et dommageable de ressources financières. Les oeuvres comme ces Deux orphelines vampires sont les versions désargentées et laborieuses du fantastique expérimental libertaire avec lequel il avait débuté sa carrière...car une autre des faiblesses de Rollin est sans doute, à l’instar de Dario Argento dans la seconde moitié de son parcours, de s’être montré incapable d’anticiper les évolutions du cinéma, celles à l’oeuvre au sein de leurs genres de prédilection mais aussi celles qui concernaient les préférences du public, les habitudes de mise en scène ou les améliorations technologiques...

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Le Tronc (Publié le 01/02/2019)

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Sa critique : Ah, l’esprit Canal...il a permis de faire à peu près n’importe quoi pendant dix ans sous couvert de licence humoristique, avec des réussites incontestables mais aussi des trucs tellement ratés qu’il est préférable de les oublier. Surtout, il permettait de financer n’importe quelle idée foireuse sous prétexte qu’elle avait germé dans le cerveau d’un des poulains ou des sympathisants de la chaîne. Karl Zéro...bon, ok, c’est un peu l’inventeur de l’Infotainment en France, donc le fondateur indirect du Petit Journal, et le père spirituel de Yann Barthès : ça vaut ce que ça vaut mais on ne peut pas décemment lui refuser un certain statut de précurseur. Au niveau de l’humour,, je suis plus circonspect : quelques séquences du Vrai Journal me faisaient marrer à cette époque, notamment “Le bidule” et ses capsules presque dadaïstes, mais dans l’ensemble, Karl Zéro ne m’a jamais donné l’impression d’être le type le plus marrant du monde. Pourtant, il a réussi à tourner et à faire produire cette histoire d’homme-tronc planqué dans une valise, débité en tranches par sa maîtresse, dont on suit les aventures et les pensées, qui sont très souvent sexuelles. Le problème, c’est que le seul truc marrant du film, c’est justement cette idée de départ : à la lecture du pitch, on se dit qu’on va se mater quelque chose de bien délirant mais en fait non, pas du tout. Il n’y a aucun rythme dans ce film, aucun style, aucun liant, toutes les vannes tombent à plat, c’est assez consternant en fait, embarrassant même, on a l’impression d’être dans les chaussettes d’un mec qui ferait des vannes sur scène et constaterait qu’elles ne font rire ni même sourire personne dans le public et que pourtant, il est coincé là et qu’il faut bien continuer, sous peine d’avoir l’air encore plus ridicule. Que le film soit monté avec les pieds, ça n’a rien d’étonnant et ça cadre avec la logique de bricolage punk qui avait cours à l’époque. Peut-être que j’aurais du le voir à l’époque justement...peut-être bien que j’aurais pigé les références (‘Le tronc’ est inspiré d’une véritable affaire criminelle). Peut-être même que ça m’aurait fait hurler de rire, parce que le côté désaxé du concept aurait forcé le rire d’un ado incapable d’admettre que la bonne idée avait fait plouf. Après tout, le mélange de cul et de gore, dans ces années où une daube comme ‘Baby blood’ pouvait marcher sur la seule foi de son aura de premier splatter-movie français, c’était largement suffisant pour se voir coller une étiquette transgressive. Mais voilà, je n’ai pas vu ‘Le tronc’ à l’époque. Je n’avais pas encore “l’esprit Canal” : je ne savais même pas que les Guignols de l’info existaient et je n’avais pas arrêté le Bêbête Show depuis très longtemp : je l’ai vu il y a quelque semaines, un quart de siècle après sa sortie, l’esprit Canal est mort et enterré et de toute façon, même avant ça, ça faisait un certain temps qu’il me faisait l’effet du vieux punk exhibitionniste qui ne fait plus rire personne et qu’on aimerait bien qu’il aille dans un foyer au lieu de traîner en bas de chez soi. Je ne stoppe pas souvent les films, même les plus mauvais, au bout d’une demi-heure mais là, ça n’a pas fait un pli.

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Cinéma Paradiso (Publié le 01/02/2019)

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Sa critique : C’est dans l’ouverture du cinéma de sa bourgade sicilienne natale, quelques années après la fin de la guerre, et dans sa rencontre avec Alfredo le projectionniste, que toute la vie de Salvatore Di Vita, devenu un grand réalisateur italien, trouve son origine et sa justification. Signe que ‘Cinema Paradiso’ est l’oeuvre d’un passionné qui veut faire oeuvre de pédagogie, on apprends pas mal de petites choses tout au long des deux heures trente de ce qui est à la fois une saga villageoise, un mélodrame poignant et une étude sur l’histoire du cinéma en Italie, qui approche le métier et les conditions de diffusion et de distribution des films à cette époque héroïque : la chaleur qui se dégageait des projecteurs, les bordereaux de prêt des bobines punaisés au mur, l’inflammabilité extrême de ces dernières, qui faisait du métier de projectionniste une profession à haut-risque,...mais on découvre surtout ce que représentait à cette époque le cinéma, loisir populaire par excellence capable de rassembler tout un village. Le spectacle se déroulait autant sur l’écran que dans la salle : on y chahutait, on y pleurait, on s’y indignait ensemble, on y répétait religieusement avec quelques secondes d’avance des dialogues connus sur le bout des doigts, les jeunes adultes y faisaient des rencontres et y flirtaient discrètement, tandis que les ados découvraient les choses de la vie avec Sophia Loren ou Brigitte Bardot. A l’ère du numérique et de la saturation des contenus, ponctué comme il l’est d’extraits de classiques italiens et internationaux, comédies slapstick, mélodrames muets et péplums Cinecitta, ‘Cinema Paradiso’ est une pure déclaration d’amour au 7ème Art, celui dont certaines images vous poursuivent une vie durant et parviennent à ce que vous puissiez, à des années d’écart, vous rappeler l’endroit, les personnes avec qui vous étiez et même ce que vous avez mangé le jour où vous avez découvert l’une des scènes immortelles en question. De manière plus littérale, l’ultime scène de ‘Cinéma Paradiso’, particulièrement émouvante, affirme haut et fort que sa plus grande force, son plus puissant marqueur d’immortalité, est justement sa capacité à survivre à ceux qui le rêvent, à ceux qui le façonnent et à ceux qui l’aiment. Si le cinéma, dans toutes ses dimensions, enserre le film de part en part, ce biais n’est pas exclusif puisque ‘Cinema Paradiso’ survole une enfance, puis une jeunesse italienne revisitées par le prisme d’un village méditerranéen typique, dont ses habitants les plus archétypaux font un personnage à part entière du récit : le curé qui veille à la moralité de ses ouailles en caviardant les scènes répréhensibles sur chaque pellicule, l’idiot du village qui erre sur la place en beuglant, le gagnant à la loterie qui s’improvise gérant de salle, Alfredo, le projectionniste bourru, qui incarne une figure paternelle pour le petit Salvatore, dont le père a disparu sur le front de l’est et, bien sûr, parce qu’on est tout de même dans un mélodrame (ou en tout cas dans quelque chose de très sentimental), il y a la femme, forcément inaccessible, parce qu’il est pauvre et qu’elle est riche, parce qu’on est en Italie dans les années 50 et parce que le destin s’en mêle, tout simplement. Ainsi ‘Cinema Paradiso’ parle de l’enfance, il parle de l’amour, il parle du cinéma et même du cas particulier du cinéma italien puisqu’à l’époque de la sortie de ‘Cinema Paradiso’, ce dernier, autrefois principal moteur de cinéma populaire européen, était à l’agonie, laminé par la concurrence de la télévision, un constat et un cri d’alarme implicite sur lequel Tornatore ne pouvait pas faire l’impasse. En fait, en contrepoint de l’immortalité présumée du 7ème art, le film parle de la Vie, de la manière dont elle s’accélère au moment même où on souhaiterait qu’elle ralentisse, alors qu’elle prenait tout son temps quand on brûlait de l’impatience des jeunes années. Lorsque Salvatore revient, à l’âge mûr, pour assister à l’enterrement d’Alfredo, dans ce village qu’il a fui 30 ans plus tôt, le film se mue en méditation sur le temps qui passe, le poids des souvenirs, les rêves qui se sont fanés, les choix existentiels dont, a posteriori, on n’est plus vraiment certain qu’ils étaient les bons, et ce retour aux sources se teinte d’une puissante mélancolie nostalgique. Peut-être que ces thèmes touchent une corde sensible chez moi mais alors que je n’avais absolument jamais entendu parler de ce film, pas plus que je ne l’avais classé dans ma catégorie mentale des choses que je devais voir absolument, ‘Cinema Paradiso’ fait partie de ces oeuvres dont on sait, instinctivement, qu’elles sont de véritables classiques du cinéma mondial.

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Pierre Lapin (Publié le 01/02/2019)

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Sa critique : Si le comportement espiègle et désobéissant du célèbre lapereau de Beatrix Potter détonnaient en 1902, alors que les prémices de la littérature pour enfants se devaient sans doute d’avoir une vocation comparable à celle du laudanum, il n’en est évidemment plus de même aujourd’hui, où la série est avant tout apprécié pour ses adorables dessins et ses personnages délicieusement surannés. Est-ce que les bétises de Pierre lapin n’allaient pas sembler démodées aux yeux de petits spectateurs biberonnés aux délires sous acide d’un quelconque héros hyperkinétique d’aujourd’hui ? Ou bien, tout à l’obsession de rendre ce personnage victorien lisible pour le public enfantin d’aujourd’hui, réalisateurs et scénaristes ne risquaient-ils pas lui faire perdre tout ce qui contribuait à son charme britannique ? Dans tous les cas, on ne donnait pas cher de sa peau (de lapin), d’autant plus que le film est une production américaine, et pourtant, ‘Pierre lapin’ est une bien jolie réussite, comparable à ‘Paddington’ dont il parvient à retrouver l’alchimie et l’équilibre, et qui ne souffre jamais des défauts de ses qualités. Le pari de moderniser le contexte, d’inclure plus directement les humains dans l’aventure alors qu’ils n’étaient que des ombres menaçantes dans les livres de Ms Potter, de faire exister cette dernière sous la forme d’une artiste excentrique plus préoccupée de ses voisins à poils et à plumes que des humains, et de parvenir à trouver une harmonie entre acteurs et personnages animaliers numériques était risqué, mais on aurait du mal à reprocher quoi que ce soit au résultat, production familiale idéale qui enchantera les enfants et ne donnera pas beaucoup de fil à retordre aux parents pour qu’ils y adhèrent à leur tour. En dépit de son petit veston, Pierre, et tous les autres animaux dans la foulée, sont plus photoréalistes que cartoonesques, et le fait de les faire sortir, fut-ce brièvement, de leur zone de confort (le potager et ses alentours) pour les emmener à Londres leur réussit mieux qu’aux Schtroumpfs à New York ou à Paris. Surtout, cette petite ménagerie, aux costumes bien coupés et aux attitudes typiques de l’Angleterre rurale d’autrefois, sont aussi attendrissants à l’écran qu’ils pouvaient l’être dans les pages des livres. Quant aux acteurs principaux, ils oeuvrent dans une vis comica typiquement britannique, avec ce mélange improbable de surchauffe et de flegme exigé pour donner la réplique de manière cohérente à des animaux. Peut-être n’évolue-t-on pas ici dans une stricte reproduction de ce qu’avait imaginé Beatrix Potter, raison pour laquelle il vaut mieux parler ici d’adaptation que de portage : on découvre des gags visuels dont la “violence” évoque les cartoons des années 50, un rythme soutenu et un lapin hâbleur qui n’arrête jamais de tenir le crachoir, trois caractéristiques qui n’ont que peu à voir avec Pierre lapin tel qu’il était voici un siècle : de façon presque miraculeuse, le résultat ne succombe pourtant pas à l’hystérie indésirable, ni à la vulgarité gratuite, ni aux références trop contemporaines. Même les chansons ont un petit côté “evergreen” qui implique qu’on ne les trouvera pas ringardes d’ici dix ans Faisant le choix de la raison entre la lettre et l’esprit, ‘Pierre lapin’ réussit avec brio son petit bond dans l’avenir : c’est sans doute injuste pour beaucoup d’autres adaptations mais la fidélité à l’oeuvre originale, on ne s’en émeut que lorsque le résultat n’est pas à la hauteur des attentes.

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Tad et Le Secret du Roi Midas (Publié le 01/02/2019)

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Sa critique : Il y a quelques années, ‘Tad l’explorateur’ avait tenté sans grand succès de trouver sa place parmi le gotha des productions d’animation : gros succès commercial dans son Espagne natale, ce pastiche d’Indiana Jones, destiné aux enfants et pré-ados qui, pour une raison qui m’échappe, refuseraient de regarder l’authentique trilogie Indiana Jones, n’avait pourtant pas beaucoup d’arguments à faire valoir : des décors sympathiques mais des personnages grossiers, des clichés à la pelle, des sidekicks comiques énervants - cette momie, bon sang, mais foutez y le feu! - tels qu’on ne pensait plus en voir aujourd’hui, des gags poussifs et un scénario sans grande originalité, qui se contente de recycler mollement la logique des films d’aventure sans chercher à la détourner, le bilan n’était guère brillant pour ce personnage. Il faut pourtant croire qu’il avait le niveau suffisant car le second volet des aventures de cet apprenti archéologue recycle rigoureusement les mêmes éléments, pratiquement dans le même ordre et de la même façon. Le gros problème de ‘Tad er le secret du roi Midas’ n’est pas d’être irregardable : dynamique et facile d’accès, des enfants moyens s’en satisferont sans problèmes lors d’une de leurs séances de binge-watching. Ce qu’on peut surtout lui reprocher, c’est qu’au lieu de faire valoir une quelconque spécificité visuelle, une sensibilité particulière, ou un sujet atypique comme devraient le faire toutes les productions européennes, il se contente de coller aux basques de la production familiale américaine dans ce qu’elle peut avoir de plus générique...et il le fait avec beaucoup moins d’ambition et beaucoup moins de savoir-faire.

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La Belle et la Meute (Publié le 25/01/2019)

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Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa critique : J’ai l’impression que le cinéma des pays arabes - du moins, celui qui parvient à franchir la Méditerranée, c’est à dire quelques films marocains, tunisiens, égyptiens ou libanais chaque année - a trop de choses à dénoncer pour se permettre de prendre le temps de s’adonner à la fiction. Une fois de plus, c’est un fait réel, révélateur des faillites des sociétés du Maghreb, qui sert de point de départ à ‘La belle et la meute’. A la sortie d’une soirée dansante, une jeune femme est violée par trois policiers, alors qu’elle est en compagnie d’un jeune homme rencontré quelques heures plus tôt. Désemparée et en état de choc, la jeune femme, secondée par son compagnon d’infortune, se rend à l’hôpital, où elle tente vainement de faire reconnaître médicalement le viol, puis au commissariat, où elle veut déposer une plainte. Dans les deux cas, tous deux se heurtent à un mur du silence, à des règles administratives ubuesques et des interlocuteurs qui toisent une jeune femme moderne dont ils estiment tous sans le verbaliser qu’elle n’a eu que ce qu’elle méritait et deviennent subitement peu coopératifs dès qu’ils comprennent qu’ils se trouvent face à un cas potentiellement explosif. Il y a pire : dès lors que les faits sont établis et que les gardiens de la paix comprennent que le scandale pourrait éclabousser toute l’institution policière, le ton change instantanément. C’est une campagne de sape, de manipulation plus ou moins ouverte et d’intimidation qui se déchaîne contre Maryam, qui va grandir d’un coup tout au long de la nuit, et comprendre que dans un pays comme la Tunisie, le droit au respect et à l’intégrité physique ne va pas de soi et qu’il faut lutter pied à pied, sans lâcher un pouce de terrain, pour les faire respecter par une société et des institutions qui n’ont pas évolué au même rythme que les lois et ne manifestent guère d’entrain à se mettre à la page. De la métamorphose par la force des choses d’une jeune femme en militante à la révélation d’un machisme institutionnellement enraciné, ‘La belle et la meute’ tire rageusement les squelettes hors du placard de la société tunisienne. Ce n’est pas la première fois que le cinéma nord-africain s’intéresse à la question : voici quelques années, ‘Les femmes du bus 671’, qui évoquait le phénomène des “frotteurs” dans les bus égyptiens, ne laissait comme seul choix aux victimes que de se faire justice à elles-mêmes. En comparaison, la Tunisie semble plutôt aller dans la bonne direction, le simple fait que les agresseurs aient fini par être condamnés et que ce film ait pu exister pour exposer l’affaire internationalement en sont les preuves la plus flagrantes.

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