COMME NOS MILLIERS D'ABONNES
DECOUVREZ LE MEILLEUR DU CINEMA SUR DVDPOST


PLUS DE 20.000 TITRES
LES 1838 CRITIQUES DE Marc
user-thumb 5_pen_3_fr
Trier par :

Thor : Ragnarok (Publié le 22/05/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa critique : Thor m’a toujours semblé être un des personnages les plus difficiles à traiter de l’univers Marvel, et était d’ailleurs celui dont l’arc narratif au cinéma se montrait jusqu’ici le moins satisfaisant. Il faut dire que la nature particulière de ce héros hiératique a toujours entraîné une certaine obligation de l’opposer à des adversaires dont la puissance démesurée finit par tourner au ridicule, jusqu’à en faire une sorte d’ersatz Marvel de Superman, en d’autres termes un dieu omnipotent et virtuellement invulnérable dont les défauts de cuirasse et les mises en danger semblent toujours trop artificiellement échafaudées. Histoire de recentrer les enjeux, Kenneth Brannagh s’était efforcé de conférer un souffle shakespearien à l’épisode fondateur et, comme on découvrait alors ce nouveau Super-Héros, on s’en était aisément accommodé. A l’inverse, le second opus ne m’avait pas laissé le moindre souvenir, parfait spécimen de la production Marvel tonitruante mais qui échoue à développer la moindre personnalité. C’est donc Taika Waititi, réalisateur de savoureuses comédies néo-zélandaises, qui sera parvenu à offrir sa plus mémorable apparition au dieu nordique créé par Lee, Kirby et Liber au début des années 60. Non que le scénario de ‘Ragnarok’ soit d’une quelconque originalité ou même qu’il embrasse la gravité crépusculaire qu’on associe à la Fin des Temps telle que se la représentait l’ancienne culture scandinave: on commence à en avoir l’habitude mais les missions successives des différents Super-Héros Marvel ne sont que les pièces d’un puzzle à assembler jusqu’à former un tableau Avengers, pas plus intelligent mais immanquablement plus monumental que la matière première dont il est issu...et d’ailleurs, depuis quelques films, l’Ecurie Comic bat ouvertement le rappel des troupes puisqu’on voit apparaître Hulk et Docteur Strange dans ce spécimen, sans même parler des caméo ou des références fugaces aux autres membres de l’équipe. Non, ce qui rend ce troisième opus plutôt réjouissant est qu’il tangue ouvertement du côté de la comédie : pour une bonne moitié, le scénario se déroule sur une planète-décharge sur laquelle règne un autocrate évaporé (Jeff Goldblum, en roue libre...comme tout le reste du casting) amateur de combats de gladiateurs galactiques. Kitch et multicolore, baroque et d’un mauvais goût délirant, l’endroit évoque le meilleur de la science-fiction française des années 70, façon Métal Hurlant. D’autre part, Thor, bien loin de rempiler dans le rôle roide et sérieux de dernier rempart contre le désordre galactique, n’hésite pas à ici à dévoiler un visage mesquin, vantard et immature...sans compter qu’il se ramasse plus de baffes, pour une bonne part à vertu éducative, que n’importe quel super-héros vu récemment dans un des films du Multivers Marvel. Vous me direz que désacraliser un Super-Héros, transformer un idéal de courage, de droiture et d’honnêteté en objet de cartoon un peu ridicule, ne demande pas beaucoup d’audace ni de créativité...et je vous répondrai qu’on est dans une superproduction Marvel, pas dans un candidat déclaré à l’Oscar du meilleur film, et que ça vaut toujours mieux que de le mettre sur un piédestal..!

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Thorragnarokbfr bluray3d

La Grande Muraille (Publié le 22/05/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-halfStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Qu’il semble loin le temps où le cinéma chinois, y compris ses épopées guerrières, était l’affaire de passionnés en Europe et en Amérique, et mettait une point d’honneur à développer une esthétique subtile et sophistiquée pour se démarquer de la concurrence. Dorénavant, c’est le nouveau peuple des Multiplexes, avides comme partout ailleurs de grosses comédies, de films fantastiques qui ne font pas peur et de Blockbusters mono-neuronaux, qui donne le ton et Hollywood n’est évidemment pas pas resté insensible à l’apparition de ce jumeau monstrueux d’extrême-orient. Zhang Yimou, pourtant responsable de quelques très beaux Wu xia pan par le passé, a ici enfilé ses gros sabots gracieusement financés par l’Amérique pour accoucher d’un de ces Blockbusters boursouflés qu’on croyait réservés à la frange la plus cynique du cinéma hollywoodien. S’il était encore possible de considérer ‘La cité interdite’ (sorti en 2007) comme une tentative pas très convaincante de faire connaître les codes du cinéma asiatique à un public qui n’en avait pas l’habitude il est difficile de voir autre chose dans ‘La grande muraille’ que la version chinoise de la philosophie qui guide les sévices cinématographiques d’un Michael Bay : un scénario larvaire, des personnages esquissés à la truelle et une démultiplication des explosions et des effets numériques les plus grossiers. En gros, ici, c’est la Bataille du Gouffre de Helm transposée sur une Grande Muraille de Chine entièrement numérique, où les guerriers du Rohan seraient les Chinois et les Orques, des sortes de dinosaures sanguinaires prêts à déferler sur l’Empire du Milieu. ’La grande muraille’ n’a rigoureusement peur de rien : ni d’imaginer des dispositifs défensifs surréalistes, comme ces murs amovibles qui font apparaître des lames tournoyantes prêtes à trancher tout ce qui tente d’escalader la Muraille, ou ces guerrières qui vont harponner les agresseurs au pied de la Muraille en faisant du saut à l’élastique ; ni de larguer deux mercenaires européens parmi tous ces Asiatiques parce qu’il faut bien que les spectateurs occidentaux puissent retrouver des visages familiers au coeur de la mêlée. Signe du syncrétisme des temps, ces alliés improbables n’éprouvent aucune difficultés à se comprendre et se partagent équitablement les valeurs du succès : aux Chinois la loyauté, le sens du collectif et l’honneur, aux Occidentaux le non-conformisme et le côté tête brûlée. Enfin, ces précisions s’adressent surtout à ceux pour qui incohérences, inepties et anachronismes constituent autant de constats éliminatoires quant à la possibilité d’apprécier un film. Pour les autres, ‘La grande muraille’, tout boursouflé qu’il soit, reste une production raisonnablement divertissante, malgré ou peut-être bien grâce à sa stupidité intrinsèque !

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Lagrandemuraille2016bfr bluray3d

Quelques Minutes Après Minuit (Publié le 22/05/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-onStar-on

Sa critique : Il fut un temps où les contes (ou en tout cas leur adaptation au cinéma) respectaient intégralement leur vocation initiatique. Un temps où personne n’aurait imaginé un seul instant que les enfants étaient de petites choses fragiles qu’il fallait à tout prix préserver des horreurs de la réalité en édulcorant tout message dont ils risqueraient de se souvenir. Victimes consentantes de cette auto-censure, les rares réalisateurs qui s’attaquent aujourd’hui à l’exercice périlleux du Film-Dramatique-à-hauteur-d’enfant ne savent plus vraiment comment faire pour traiter les sujets douloureux, et soit saupoudrent le tout d’un humour infantile totalement déplacé, soit l’engluent dans des ficelles à ce point mélodramatiques que le résultat ne fait plus appel qu’à une émotion conditionnée, là où il devrait susciter l’introspection et l’empathie : dans tous les cas de figure, ils s’y prennent mal. Pourtant, à la base, le genre réclame quand même un minimum de pathos pour lancer la machine et, de ce point de vue, le petit Connor est verni, si on peut dire, coincé entre la mort annoncé d’une maman, un père absent et peu décidé à prendre son fils en charge et une grand-mère qui semble incapable de prodiguer l’affection dont le gosse aurait tant besoin dans ces circonstances difficiles. On ne spoile pas grand chose en révélant que l’arbre terrifiant, brutal mais bienveillant à sa façon, qui lui rend visite toutes les nuits n’est que la projection d’une psyché dévastée par la douleur et l’incompréhension, une création subconsciente dont la vocation, à travers les contes qu’il inculque au petit, est de l’aider à franchir cette épreuve douloureuse, en lui rappelant que les choses ne sont jamais aussi binaires qu’elles en ont l’air, que tout le monde a de bonnes raisons d’agir d’une certaine façon et que la vérité qu’on se retient de faire éclore est généralement la condition impérative pour franchir une épreuve périlleuse. Partant de là, entre autres pour les motifs exposés plus haut, on pouvait craindre qu’un projet aussi débordant d’émotions et d’allégories manque foncièrement de tenue, tant il semble devenu compliqué de nos jours d’appliquer valablement une science qui semble s’être perdue en cours de route depuis les années 80 (époque à laquelle elle avait donné lieu à d’authentiques chefs d’oeuvre comme ‘La compagnie des loups’ ou même, en beaucoup plus léger et enfantin, ‘L’Histoire sans fin’). Il aura donc fallu attendre ces ‘Quelques minutes après minuit’ , réalisé par Juan Antonio Bayona sous la supervision jalouse de l’auteur du livre original, Patrick Ness, pour bénéficier d’un tel petit miracle : voici un trop rare exemple d’oeuvre qui s’affiche ouvertement comme dramatique tout en se nourrissant d’une imagerie Dark Fantasy convaincante, qui parvient à s’adresser simultanément à un public de pré-ados et à leurs parents grâce à une parfaite maîtrise des mécanismes implicites universels du conte, séduit autant par la force de l’histoire que par la réussite de ces séquences animées qui s’insèrent sans heurts dans la trame principale et surtout, ne semble pas redouter d’aborder son sujet - le deuil - à bras-le-corps, pleinement conscient de sa violence potentielle, sans chercher à l’étouffer sous l’émotion facile en recourant aux multiples déviations émotionnelles mises en place par les réalisateurs qui n’ont pas le courage ni le respect de leur sujet. On en retiendra que la niaiserie de la majeure partie des teenage-movies n’est décidément pas une fatalité...

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Monstercalls2016bfr bluray

Barry Seal : American Traffic (Publié le 17/05/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa critique : A bien y regarder, c’est la démesure de ses actes et non leur nature intrinsèque, qui fait le héros (ou le anti-héros, la différence est parfois infime) américain. Chris Kyle, le “American sniper” ou Barry Seal, le pilote employé simultanément par la CIA et les Cartels colombiens, même combat. Motivé par l’appât du gain et par une sorte d’ennui existentiel, Seal abandonnera une carrière tranquille de pilote de ligne pour seconder la CIA dans ses coups tordus en Amérique centrale...et jouer dans le même temps la mule volante pour les trafiquants de Medellin. Au bout d’un moment, à force de voir des films consacrés à ceux qui ont abordé le rêve américain au premier degré, on en connaît les procédés par coeur : avec la déferlante d’argent facile qui dépasse les ambitions les plus folles vient la perte du sens des réalités et de toute prudence, qui finit par enrayer la mécanique bien huilée et entraîne la chute. Dans le cas de Barry Seal, elle sera tragique. Pourtant, à l’exception de quelques images fugaces, ‘American traffic’, lui, ne l’est pas. Au contraire, à travers le mélange de culot, d’exploitation cynique des failles du système et de souci de mettre sa famille à l’abri du besoin qui caractérise cette tête brûlée, le parcours à peine croyable de Barry Seal, entre 1975 et 1985, est traité avec un solide humour indirect, le filtre vintage concourant efficacement à la reconstitution d’une époque où l’Amérique ne s’était relevé des déconfitures de la décennie précédente que pour perdre le sens commun et plonger dans une frénésie de succès à remporter à n’importe quel prix. Paradoxalement citoyen modèle et père attentionné, le sujet est un joueur qui carbure à l’adrénaline plus qu’à l’argent, dont il ne sait finalement que faire et qui traîne un peu partout dans sa propriété, sommairement enterré dans le jardin ou planqué dans des valises et des sacs de sport. Tom Cruise, qui a enfin compris qu’il n’avait plus l’âge de jouer les jeunes premiers, s’efface derrière cet archétype du casse-cou convaincu que la chance sera toujours de son côté. Evidemment, on a déjà suivi cette histoire d’hubris américain et d’orgie délirante de billets verts, dans ‘Le loup de Wall street’ ou dans le moins connu ‘American bluff’ (qui gagne pourtant à être connu)...mais ‘American traffic’ ne la raconte pas plus mal qu’un autre.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Barryseal2017bfr bluray

Les Figures de l'Ombre (Publié le 17/05/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : La Question raciale étant redevenue un de leurs thèmes de prédilection (et 4 ans de Trump ne risquent pas d’inverser la tendance ! ), les “Films-Hollywoodiens-qui-Traquent-les-Récompenses” persistent à avoir ceci de particulier qu’ils sont conçus, dans leurs moindres détails, pour émouvoir, indigner et édifier, qu’il s’agisse d’un jury de professionnels ou des spectateurs lambda, tout pareil. On sait donc très bien qu’on se fait avoir et manipuler, et même à quel moment on se fait avoir et manipuler : le tout est simplement de déterminer si on est d’accord pour se faire avoir et manipuler...mais j’ai la chance de vouloir regarder des films sérieux justement pour éprouver ce brelan d’émotions, tout comme je regarde des comédies pour me marrer et des films d’horreur pour flipper (mais là, ça marche beaucoup moins bien). Bref, ‘Les figures de l’ombre” renoue avec le contexte du mémorable et acclamé ‘La couleur des sentiments’, à savoir l’Amérique ségrégationniste des années 60; mais le procédé qui y a cours s’avère sensiblement différent. Certes, il s’agit toujours d’exposer comment, alors que la ségrégation est encore vivace à quelques années seulement de sa suppression dans la Loi, des femmes noires vont acquérir au forceps la visibilité à laquelle elles aspirent et qu’elles méritent...mais Theodore Melfi opte pour une approche moins dramatique, et même un peu plus légère que dans le commun des oeuvres du même genre. Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson sont trois brillantes mathématiciennes de la NASA mais, en raison de leur couleur de peau, elles sont reléguées à des tâches subalternes ou empêchées d’acquérir à l’université les diplômes qui leur font défaut. Contrairement aux servantes de ‘La couleur des sentiments’ qui allaient forcer le changement en témoignant de leur quotidien injuste dans la presse, les trois mathématiciennes vont simplement utiliser le cours des événements à leur avantage : alors que la NASA peine à rattraper l’avance prise par les Soviétiques, elles sauront se rendre indispensables jusqu’à que l’évidence, à savoir que l’agence spatiale ne peut se passer d’aucun des talents disponibles, s’impose à tous. Le réalisateur explore aussi en surface la vie privée de ces femmes, afin de ne pas les essentialiser dans leur rôle de combattantes pour l’égalité même si là aussi, on passe par toutes les étapes traditionnellement prisées par le cinéma américain. Plus intéressants sont les personnages de Kirsten Dunst et Kevin Costner : ni affreux ségrégationnistes convaincus ni progressistes généreux, ils font partie de la masse silencieuse qui s’accommode passivement du système - “s’en fiche complètement” serait une définition plus exacte -, et leur revirement tiendra simplement à la prise de conscience des intérêts qu’ils partagent en commun avec leur personnel de couleur. Très à l’aise dans son rôle de piqûre de rappel d’une Amérique d’autrefois qui réservait son rêve seulement à quelques uns, la seule chose qu’on pourrait finalement reprocher à ces ‘Figures de l’ombre’ est de n’être, dans le créneau des films traitant de la Question raciale aux Etats-unis, pas vraiment plus marquant qu’un autre.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Hiddenfigures2016bfr bluray

Transformers 5 : The Last Knight (Publié le 17/05/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Alors qu’on se plaint que la durée limitée des films ne permet que rarement aux scripts prometteurs de s’épanouir pleinement, voilà que l’inénarrable Michael Bay nous étale sur près de trois heures - et pour la cinquième fois consécutive! - un truc viscéralement dépourvu du moindre scénario, sauf à considérer que cette énième prise de bec entre Autobots et Decepticons en tient lieu. Après tout, puisque chaque nouvel épisode de la franchise engrange des bénéfices faramineux, Bay n’a aucune raison de s’arrêter en si bon chemin ni de modifier sa manière de faire : les spectateurs veulent des vannes beaufs, des grosses bagnoles chromées, des clones vulgos de Megan Fox, des couilles de decepticon/grue de chantier (je n’y peux rien, ça me hante depuis le deuxième volet) et de la ferraille pliée, déchiquetée, écrabouillée au milieu des explosions et des incendies ? Il va leur en refourguer sans le moindre état d’âme : x’est clairement ce qu’il sait faire de mieux. Au fond, avec ce cinquième opus, je ne suis ni plus ni moins partagé qu’avec les quatre précédents : d’un côté, j’ai toujours autant de mal à supporter cette action illisible, composée d’une succession supersonique de plans de quelques secondes à vous tuer un épileptique séance tenante, alors qu’à d’autres moments, ce plein-la-vue technologique impressionne suffisamment pour qu’on regrette qu’il soit au service d’une base aussi médiocre. D’autre part, n’est-ce pas un luxe que de pouvoir se lever en plein milieu du film, se servir un verre, se préparer un sandwich et passer au petit coin, avant de revenir se rasseoir devant l’écran sans avoir l’impression d’avoir raté grand chose ? Les Transformers trahissent d’ailleurs à cette occasion leur statut originel de jouet en plastique : si vous observez un enfant avec ses jouets, vous n’êtes pas obligés d’être attentifs en toutes circonstances à l’histoire qu’il invente pour les besoins du jeu : ce dernier n’a que faire de la cohérence, il évolue dans une sphère qui lui est propre, où rien n’est vrai et tout est possible. A sa manière, c’est bien ce que Bay fait avec les blockbusters lobotomisés qu’il aligne avec une belle constance depuis dix ans, et dans lesquels il convoque cette fois un lord anglais et son majordome robot schizophrène, Stonehenge, Merlin et les chevaliers de la Table ronde. Je ne vous expliquerai pas comment il parvient à relier ces éléments à un schéma primitif de guerre galactique entre robots géants, il aurait tout aussi bien pu inclure un pirate unijambiste, des mimes et des pokemons et de toute façon, ça n’a strictement aucune espèce d’importance !

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Transformersthelastknight2017bfr bluray3d

Jigsaw (Saw VIII) (Publié le 17/05/2018)

Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Comme celle des ‘Fast & Furious’, la franchise ‘Saw’ fait partie des séries dont je me suis tenu à l’écart et qui ne me parle pas suffisamment pour que je consacre plusieurs jours à m’organiser studieusement une rétrospective. Pas que j’avais quelque chose contre le concept : au contraire, j’avais plutôt apprécié l’épisode fondateur, le seul à mon actif, Thriller gore plutôt bien ficelé et plus ou moins innovant à l’époque puisqu’il sonnait le coup d’envoi de ce qu’on allait appeler par la suite le Torture-porn. Pourtant, je n’ai pas donné suite à ce premier contact prometteur et n’ai jamais suivi les développements complexes de la saga, pas même pour Saucisse et Saussette (sacrées meilleurs blagues Carambar du monde, faut-il le préciser). Il semble donc que ce ‘Jigsaw’ s’adresse aux gens comme moi, ceux qui se foutent un peu de tout ce qui s’est déroulé ces quinze dernières années dans le petit monde sanguinolent de la franchise. Pourtant, alors même que mon long désintérêt envers ‘Saw’ aurait du booster les chances du petit nouveau de me convaincre, il est plus que probable que ‘Jigsaw’ fasse partie de ces films d’horreur que je vais oublier au bout de quelques semaines Attention, bien qu’on soit en face du cas de figure où tout le monde renie le résultat à sa sortie pour d’obscures raisons, ‘Jigsaw’ n’est objectivement pas un désastre total...mais ce n’est clairement pas un très bon film non plus : si le gore est de la partie (sans réelles outrances visuelles, dommage), les mises à mort sont peu imaginatives et l’enquête policière en parallèle ne suscite aucun début d’intérêt. Quant à l’enjeu de découvrir l’identité du tueur-justicier dans cet épisode, il recourt à un stratagème plutôt déplaisant, qui ôte tout plaisir à la découverte de la vérité. Apparemment, pour qu’un reboot floppe dans les grandes largeurs, il n’est même plus nécessaire d’aller exhumer des célébrités antiques, comme Jason Vorheese ou Freddy Krueger : dix petites années ont suffi à transformer John Kramer et ses émules en reliquats d’un passé révolu. Dommage pour les frangins Spierig, dont la carrière avait jusqu’ici évité les faux-pas.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Jigsaw2017buk bluray

Avengers: Infinity War (Publié le 14/05/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-halfStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

Sa critique : Voilà donc à quoi auront servi les dix dernières années de productions Marvel, à préparer un Grand Final - en deux parties, il n’y a pas de petits profits - qui ravale les défis auxquels devaient faire face les surhommes humains et non-humains créés par Stan Lee au rang de bagarres de cours de récréation. Evidemment, il ne faut pas s’attendre à des prouesses scénaristiques mais ‘Infinity war’ se raccroche tout de même parfaitement à la totalité des épopées individuelles des principales figures de proue Marvel et même Thanos, qui semblait condamné à incarner une menace aussi lisse et monolithique que le piteux Apocalypse du dernier X-Men en date, s’avère une némésis plus complexe que ce qui était attendu. ‘Infinity war’ ne tente à aucun moment d’apporter un vent de renouveau à l’univers Marvel. Pas de délires pop comme dans le dernier Thor, pas d’esprit teenage-movie assumé comme dans le dernier reboot en date de Spiderman, le résultat s’aligne sans ciller sur la démesure héroïque, teintée d’humour et de clins d’oeil plus ou moins subtils, qui sied à un tel blockbuster et tente en fait de reproduire le hold-up du premier Avengers de 2012, qui proposait les scènes d’action les plus monumentales vues jusqu’alors. De ce point de vue, aucun souci à se faire : le défi est amplement relevé et le résultat propose le même choc visuel, revu à la hausse en fonction de l’évolution technologique, qu’il y a 5 ans. En alignant plus d’une vingtaine de personnages, dont une bonne moitié occupe le rôle central de leur propre série, le film courait le risque de virer au défilé stérile de figurines de collection...mais les frères Russo, bénéficiant de l’expérience acquise sur ‘Civil war’, laissent à chaque personnage l’espace qui lui revient (même si certains personnages bénéficient d’une exposition plus favorable), et s’arrangent pour offrir à ceux qui ne sont objectivement pas de taille des défis à leur mesure où des atouts inattendus. Il y a fondamentalement peu à dire sur ce spectacle techniquement et chorégraphiquement irréprochable, qui ne manquera pas de laisser plus que jamais de marbre ceux qui estiment que le cinéma doit transmettre un point de vue ou pousser à la réflexion. Il y a surtout que, compte tenu de sa position de chapitre crépusculaire où la cause semble entendue en faveur des forces du chaos et de la destruction, à l’instar des seconds volets de chaque trilogie Star Wars ou du point médian du Seigneur des anneaux, ce rassemblement de héros en perdition se voit doté, à peu de frais, d’un charme pessimiste remarquable.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Avengerinfinitywar2018buk bluray

D'Après une Histoire Vraie (Publié le 08/05/2018)

Star-onStar-halfStar-offStar-offStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-offStar-offStar-off

Sa critique : Certains réalisateurs, surtout lorsqu’ils prennent de l’âge, ne peuvent plus s’empêcher de ressasser encore et toujours la même histoire, en général celle qui les a rendu célèbres. Prenons un exemple de pitch archétypal : une écrivaine en panne d’inspiration rencontre une femme plus jeune, séduisante, mystérieuse et un peu envahissante, mais qui semble sincèrement désireuse de lui faire reprendre pied afin qu’elle écrive enfin son “Grand Roman”. Entre les deux se noue une relation où l’intérêt et le besoin ne tardent pas à se confondre, une relation potentiellement toxique car aucune des deux ne semble avoir révélé toute la vérité à l’autre. Il est fort probable que vous penserez assez rapidement à Polanski, tant les histoires de trouble mental, de manipulation, de dopplegänger et de réalité subjective sont indissociables de sa filmographie, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Reste que si ses Chefs d’oeuvre sont aujourd’hui loin derrière lui, Polanski avait quand même réussi à me convaincre avec ses deux derniers films, ‘Carnage’ et ‘La Vénus à la fourrure’. Ici, il enfile ses charentaises et livre l’archétype fainéant du ‘Film de Polanski’, un peu comme si Scorcese se contentait de filmer De Niro en borsalino et costume rayé en train de fumer au coin d’une rue. Inspiré d’un bouquin de Delphine de Vigan qui fut apparemment un incontournable de la rentrée littéraire 2015, ‘D’après une histoire vrai’ ne risque pas d’en devenir un autre, pour l’année cinématographique 2017. Visuellement, il n’y a rien à voir, à part Emmanuelle Seigner et Eva Green, ce qui sera déjà suffisant pour beaucoup. Pourtant, ni l’une ni l’autre ne semblent vraiment à l’aise avec ce script maladroit et cette forte théâtralité, dans le mauvais sens du terme. Parfois, on est à la limite du pastiche, comme si Polanski détournait les codes de ses propres films...mais rien ne permet de confirmer cette théorie. Le réalisateur se contente de balader le spectateur sans trop se forcer, juste avec assez d’habileté pour qu’il ne s’endorme pas. La révélation n’est pas tout à fait celle que j’attendais mais quand même, je n’étais pas tombé loin, ce qui me déçoit beaucoup. En tout cas, si vous avez aimé ‘Rosemary’s baby’, si vous avez aimé ‘Le locataire’, vous en retrouverez ici les principales composantes...mais dans une version totalement insipide.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Dapresunehistoirevraie2017bfr dvd

Le Sens de la Fête (Publié le 08/05/2018)

Star-onStar-onStar-onStar-halfStar-off

Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

Sa critique : Toledano et Nakache font aujourd’hui partie de la A-list des réalisateurs de comédie en France, ceux dont on sait à l’avance que chacun de leurs films sera un succès populaire massif...et qui, à défaut d’un adoubement unanime, ont peu de chances de subir un désaveu critique. On ne sera donc pas surpris que si ‘Le sens de la fête’ n’est pas la meilleure comédie de l’année, ni même la plus drôle, elle s’impose comme l’une des plus fédératrices. Le duo possède de toute façon une méthode bien à lui pour arriver à ce résultat, qu’ils ne se privent pas de recycler de films en films : maîtres de la comédie chorale, adeptes des sujets qui parlent à tout le monde sans que grand monde puisse prétendre les maîtriser en profondeur (et c’est bien le cas ici, avec les coulisses de l’organisation d’un mariage), il se débrouillent pour être piquants, classiques mais pas ringards, et n’épicent le propos d’un peu de gravité que parce qu’ils sauront se montrer optimistes et rassembleurs dans la conclusion. ‘Le sens de la fête’ carbure en grande partie à la qualité de son casting, choisi à la perfection. Il y a les têtes d’affiche : Bacri, évidemment, en patron bienveillant mais stressé et sarcastique ; Rouve, en photographe pique-assiettes et Lellouche, en animateur musical beauf. Et puis, il y a les autre, moins connus (toutes proportions gardées) : Eye Haïdara, l’assistante forte-en-gueule et irritable ; Vincent Macaigne, le pote dépressif du patron, engagé par pure sympathie, qui tombe amoureux de la mariée...ou Alban Ivanov, gros lourd qui comprend tout de travers. Et puis il y a les serveurs tamouls, le mystérieux repreneur de la société, le petit stagiaire qui n’en pense pas moins, la famille affreusement bourgeoise des mariés. Vous me direz, une comédie chorale avec de bons acteurs, ce n’est pas forcément d’une extrême rareté. C’est là que Toledano et Nakache font jouer leur avantage : chacun de ces multiples personnages bénéficie d’une exposition suffisante, aucun n’est mis en avant à l’excès au détriment des autres et chacun a le temps faire résonner sa musique humoristique personnelle. Ensuite, même les moins sympathiques de ces figures se retrouvent affublés in fine de caractéristiques sympathiques : le beauf insupportable sait prendre les choses en main quand il le faut, la grande bourgeoise glaciale dévoilera un tempérament inattendue, et même les plus maladroits et à la dérive des employés pourront être de bon conseil...et à la fin, tous seront contents, heureux du moment passés ensemble malgré les difficultés, les petites boulettes et les grosses catastrophes...et on n’a même pas l’impression que tout cela a été échafaudés artificiellement ! C’est peut-être bien là que se trouve le secret des deux réalisateurs : même s’ils ne sont pas les meilleurs, ni les plus drôles, ni les plus originaux, il y a tellement de bonne humeur, sans qu’on puisse leur reprocher de faire preuve de naïveté pour autant, qu’on a du mal à se montrer trop critiques et exigeants avec eux.

0 Smiley_yes   0 Smiley_no

Lesensdelafete2017bfr dvd