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Nocturama (2016)

Thriller

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Nocturama (2016) dvd

SYNOPSIS :

Paris, un matin. Une poignée de jeunes, de milieux différents. Chacun de leur côté, ils entament un ballet étrange dans les dédales du métro et les rues de la capitale. Ils semblent suivre un plan. Leurs gestes sont précis, presque dangereux. Ils convergent vers un même point, un Grand Magasin, au moment où il ferme ses portes. La nuit commence.

Réalisé par :

Bertrand Bonello

PHOTOS DU FILM :

FORMAT DISPONIBLE Audio Sous-titres Public Durée IMAGE SON Pays
DVD
FR NL 12 130 Min 16/9 (2.40:1) Dolby Digital France
1 critique
Trier par :

    Marc Publié le 03/07/2017

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    5_pen_3_fr (1738 CRITIQUES)
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    Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-onStar-off

    Sa critique : “Nocturama” m’intéressait sur la seule foi du nom de Bertrand Bonnello: son capiteux “Appolonide” et sa remarquable approche du mythe “Saint Laurent” qui enfonçait dans les grandes largeurs le biopic plan-plan de Jalil Lespert, l’ont installé dans ma liste de réalisateurs précieux dont les oeuvres feront probablement date à l’échelle du cinéma français. Et puis, “Nocturama” parle de Terrorisme, sujet bien dans l’air du temps,...sauf qu’il n’en parle pas comme les autres en parlent : il n’obéit pas à une approche sociologique et politique, comme tout ceux qui se piquent de décrypter le phénomène et pas davantage à la logique du film d’action tendance “Made in France”. “Nocturama”, écrit avant les attentats du 13 novembre, n’est jamais en prise directe sur l’actualité et privilégie plutôt une forme d’analyse du temps long, un regard historique et psychanalytique auscultant la société dans son ensemble, sur un mode à la fois métaphorique et philosophique. Vigiles ou futurs énarques, filles ou garçons, blancs, noirs ou maghrébins, les terroristes de “Nocturama” ont pour seul point commun d’être jeunes. Ils agissent pour une cause floue, jamais ouvertement exprimée, une sorte de révolte non aboutie intellectuellement et teintée de romantisme révolutionnaire, qui donne l’impression qu’ils sont guidés par un spleen civilisationnel diffus plus que par des valeurs ou des croyances fermement enracinées. La première partie du film montre ces gosses ordinaires, circulant dans le labyrinthe urbain et souterrain de Paris, préparer leurs attaques contre des cibles symboliques, qu’elles soient politiques et économiques. Si “Nocturama” emprunte certains codes au cinéma d’action (les inserts chronométrés qui découpent la première partie, l’assaut des forces de l’ordre dans la seconde, filmé comme du Carpenter), il se désintéresse paradoxalement très vite des attentats, à l’image de ses auteurs, plus préoccupés par leur geste de révolte symbolique que par ses conséquences pratiques : réfugiés dans la Samaritaine en espérant pouvoir reprendre le cours normal de leur existence dès le lendemain, le petit groupe se laisse happer par l’atmosphère de ce paradis capitaliste : s’enivrant de luxe et de biens de consommation pour oublier leur angoisse, les révoltés comprennent à peine qu’ils font partie intégrante du système qu’ils s’imaginaient abattre. Alternant scènes d’action parfaitement maîtrisées et longues plages où il ne se passe rien (ce “rien” étant constitutif du vide que Bonello entend exposer, et paradoxalement rempli de moments à la signification essentielle) “Nocturama” est un film dont on peut aisément mal interprêter les intentions : en lui reprochant de ne pas tenir compte de la réalité ou sa complaisance supposée avec les meurtriers présentés comme des agneaux sacrificiels livrés à des forces de l’ordre impitoyables, la presse n’a pas été tendre avec cette oeuvre qui, pourtant, pourrait bien constituer, d’ici quelques années, une oeuvre centrale pour cerner le malaise existentiel des années 2010, comme les archanges adolescents désenchantés des films de Gus Van Sant (dont “Nocturama” semble une variation à la sensibilité visuelle différente) étaient parvenus à illustrer celui des années 90

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