COMME NOS MILLIERS D'ABONNES
DECOUVREZ LE MEILLEUR DU CINEMA SUR DVDPOST


PLUS DE 20.000 TITRES

Le Redoutable (2017)

Biographie, Comédies dramatiques

(3 votes)
Star-onStar-onStar-halfStar-offStar-off
Le Redoutable (2017) dvd

SYNOPSIS :

Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec la femme qu'il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde.
Mai 68 va amplifier le processus, et la crise que traverse Jean-Luc va le transformer profondément passant de cinéaste star en artiste maoïste hors système aussi incompris qu'incompréhensible.

Réalisé par :

Michel Hazanavicius

PHOTOS DU FILM :

FORMAT DISPONIBLE Audio Sous-titres Public Durée IMAGE SON Pays
DVD
FR FR 12 107 Min 16/9 compatible 4/3 Dolby Digital France
1 critique
Trier par :

    Marc Publié le 08/05/2018

  • user-thumb
    5_pen_3_fr (1856 CRITIQUES)
    Voir toutes ses critiques
    Sa cotation : Star-onStar-onStar-onStar-offStar-off

    Sa critique : Je connais très peu la filmographie de Jean-Luc Godard, et les quelques films que j’en ai vu m’ont laissé une impression d’ennui assez insoutenable. Dans le même ordre d’idée, Godard ne constitue pas pour moi une figure médiatique familière et ma connaissance de sa biographie doit ressembler à une version simplifiée de l’introduction de sa fiche Wikipedia. Enfin, de toute façon, il n’est pas besoin de posséder une grande expertise sur le sujet pour apprécier ce biopic sélectif qui s’attarde sur la période 67-69, années charnières plus ou moins délimitées par la liaison du réalisateur avec Anne Wiazemski et qui vit la rupture de Godard, pour motifs politiques, avec le milieu du cinéma français et avec sa propre carrière antérieure, et la formation du collectif expérimental Dziga Vertov. Cet exercice biographique d’un genre nouveau est singulier par bien des aspects : Louis Garrel ne ressemble à Godard que d’assez loin, et force l’accent traînant et chuintant jusqu’à provoquer une sorte de permanence du ridicule. Si on repère des procédés visuels et sonores qui rendent hommage à la façon dont le réalisateur était parvenu à dynamiter les codes et le langage du cinéma dans les années 50 et 60, comme les slogans d’arrière-plan qui portent plus de sens que les dialogues qui se déroulent au premier plan, ou le sous-titrage qui décrypte les réelles intentions des personnages, on retrouve aussi des running-gags burlesques, comme le fait que Godard casse ses lunettes à répétition, effet dont le slapstick éclipse nettement la symbolique. La première impression est que Hazanavicius saccage méthodiquement l’image, sans doute encore iconique pour beaucoup de vieux cinéphiles, de Jean-Luc Godard, et qu’il transforme ce dernier en personnage de cartoon. Au terme du film, il sera nécessaire de ré-évaluer ce jugement trop hâtif et convenir qu’il serait plus juste de dire qu’il la désacralise en pointant toutes les contradictions d’un personnage que ses défauts et ses postures parfois ridicules rendent très humains : le cinéaste adulé de la jeunesse pour ses films avant-gardistes se fait incendier lorsqu’il intervient à la tribune des révoltés soixantehuitards tant il comprend peu les objectifs qu’ils poursuivent ; L’homme qui rêve de révolution et de maoïsme fait preuve d’une possessivité carrément petite-bourgeoise dès qu’il est question de sa femme ; celui qui se brouille avec ses amis et prend ses admirateurs de haut pour se construire une carrure intransigeante se sent finalement très seul dans sa tour d’ivoire. Le résultat, voué à être perçu très différemment selon les sensibilités politiques et la proximité avec l’oeuvre de Godard, n’en offre pas moins une vision assez exhaustive du parcours personnel du réalisateur à cette époque. Comme je l’ai déjà dit, il n’y a pas vraiment d’irrespect dans ce portrait iconoclaste : on pourrait plutôt comparer le procédé à la liberté qu’on peut prendre de charrier un vieux pote, justement parce que c’est un vieux pote. En tout cas, ‘Le Redoutable’ témoigne qu’il n’est pas toujours nécessaire d’être scolaire ou rigide quand on brosse le portrait d’une personnalité, et même pas quand on lui taille un costard.

    0 Smiley_yes   0 Smiley_no